Solvay – Saint-Fons : réaction face au mépris patronal

15 Juillet 2020

À l’usine chimique Solvay de Saint-Fons, la production a continué sans interruption pendant toute la période du confinement, avec même des records de production dans certains ateliers.

Parmi les ouvriers, beaucoup s’attendaient à un geste de la direction sous forme d’une prime Covid, d’autant que plusieurs entreprises sous-traitantes du site en avaient versé une. La déception à l’annonce du refus de la direction s’est rapidement transformée en colère face au mépris ressenti : une pétition a tourné, puis l’idée de marquer le coup par un débrayage de deux heures par équipe a fait son chemin dans deux ateliers. À la revendication de la prime s’est ajoutée celle de l’embauche des intérimaires, qui constituent une part de plus en plus importante des effectifs, souvent trois sur une équipe de six à huit.

Les débrayages ont concerné une trentaine de travailleurs entre mercredi 1er et jeudi 2 juillet, la quasi-totalité des embauchés Solvay de ces deux ateliers, ce qui a largement perturbé ou même arrêté la production. C’était la première fois depuis plusieurs années, ce qui a visiblement surpris la direction.

Si elle n’a rien voulu savoir pour la prime, elle s’est engagée, oralement pour le moment, à accélérer plusieurs embauches qui auraient dû être faites. À condition cependant que des salariés en reclassement d’un autre site de la région, où des suppressions d’emplois sont en cours, ne postulent pas à ces postes. Autant dire qu’il faudra remettre ça pour que tous, intérimaires ou salariés Solvay, gardent leur travail !

Au-delà de ce résultat, les travailleurs ne se faisaient pas d’illusions sur la possibilité de faire reculer le patron avec un simple débrayage ponctuel. Mais le fait d’avoir relevé la tête redonne de l’espoir et la pêche. Des anciens, qui n’avaient pas fait grève depuis un moment, ainsi que des jeunes, dont c’était la première grève, ont pu discuter et agir ensemble.

Correspondant LO