États-Unis : une grève contre un patron de combat

15 Juillet 2020

Depuis le 22 juin, 4 300 travailleurs, sur les 6 800 que compte le chantier naval Bath Iron Works, dans l’État du Maine aux États-Unis, mènent une grève qui a pris l’allure d’un véritable affrontement avec ce patron de combat.

Le contrat de travail collectif proposé par la direction pour les trois années à venir a été rejeté par l’immense majorité des travailleurs. Outre une augmentation des salaires supérieure aux 3 % par an proposés, leur syndicat revendique une meilleure prise en compte de l’ancienneté et s’oppose à un recours accru à la sous-traitance.

Prenant prétexte que la grève bloque la construction de six destroyers destiné à la flotte de guerre américaine, en pleine période de tension avec la marine chinoise, la direction du chantier a essayé d’embaucher des salariés pour leur faire jouer le rôle de briseurs de grève. Les piquets de grève leur ayant interdit l’accès au chantier, la direction a porté plainte contre le syndicat pour entrave à la liberté du travail.

Au bout de deux semaines de grève, la direction a licencié une partie des salariés non-grévistes non impliqués dans la production, sous prétexte de diminution de la charge de travail. Ce chantage à l’emploi s’est accompagné de la suspension de la couverture maladie des 4 300 grévistes. Alors que la pandémie de Covid-19 se développe rapidement aux États-Unis, cela rend les soins hospitaliers hors de portée des travailleurs et de leur famille.

Le bras de fer avec la direction est entré dans sa quatrième semaine. Avec les 706 millions de dollars de bénéfices net après impôt au premier semestre 2020, le trust General Dynamics, qui possède Bath Iron Works, aurait largement de quoi satisfaire les grévistes.

Lucien DÉTROIT