Épidémie : les paroles ne remplacent pas les tests

15 Juillet 2020

La circulation du coronavirus n’est pas stoppée et même, selon les réseaux de surveillance sanitaire, il apparaît qu’elle augmente depuis le début du mois de juillet. Le nombre de foyers infectieux, de clusters, est en hausse.

En Mayenne où plusieurs clusters ont été comptabilisés, le nombre de cas de Covid a augmenté au point qu’une campagne massive de dépistage a été lancée. Dans d’autres régions, le nombre de cas positifs est en hausse. En Île-de-France par exemple, le risque de reprise de la transmission virale est tel que l’ARS, l’Agence régionale de santé, a fait parvenir des « bons de prescription pour un test de dépistage du Covid-19 » aux habitants de certaines communes.

Oui, pour lutter sérieusement contre l’épidémie, il faut des tests de dépistage. Il faut tester largement, y compris les personnes qui ne présentent pas de symptômes, puis isoler les cas positifs afin de casser les chaînes de transmission, de ralentir, voire arrêter la circulation du virus. En Mayenne, les services de l’État ont ainsi fixé un objectif de 300 000 tests. En Île-de-France, les bons de prescription ont été envoyés à la population d’une trentaine de grandes villes, entre autres de Seine-Saint-Denis. Le ministre de la Santé Olivier Véran a même annoncé un objectif de 1,3 million de tests pour l’Île-de-France.

Mais la réalité, c’est qu’un simple appel téléphonique vers un laboratoire d’analyses ou tout autre centre de dépistage pour prendre rendez-vous se révèle un véritable casse-tête, avec une attente interminable. Quant aux tests réellement disponibles, au personnel embauché et disponible pour les pratiquer et gérer tout le travail en aval, tout cela fait visiblement défaut.

Le même Olivier Véran avait promis la réalisation de 700 000 tests par semaine au début du déconfinement. Il est resté bloqué au tiers de ses ambitions. Il ne suffira pas de proclamations pour barrer la route au virus.

Sophie GARGAN