Après le remaniement : “un violeur à l’Intérieur, un complice à la Justice”

15 Juillet 2020

Macron l’avait promis-juré : l’égalité femme-homme devait être une priorité de son mandat. À l’époque, les voix de gauche valaient bien quelques promesses dans l’air du temps.

Depuis 2017, la situation des femmes n’a pas avancé d’un iota, et le remaniement gouvernemental a illustré le fait que, même sur le plan des symboles, le président a d’autres priorités.

Pour draguer l’électorat réactionnaire, Macron a nommé Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur. Ce charmant personnage, accusé de viol, avait également qualifié Christiane Taubira de « tract ambulant pour le FN ».

Le nouveau ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, s’est, lui, illustré par ses propos sexistes, défendant le harcèlement de rue. Quant à la nouvelle ministre de l’Égalité femme-homme, Élisabeth Moreno, elle se revendique de son expérience de « patronne de la tech » et du « féminisme d’entreprise ». Pour elle, « Les blagues à la machine à café sont très importantes. Il ne faudrait pas que les hommes se sentent gênés », comme elle l’a récemment déclaré.

Dès la passation des pouvoirs entre Castaner et Darmanin, des militantes féministes ont protesté place Beauvau. Rapidement dispersée, leur action a fait tache d’huile, et le 10 juillet, à Paris, Toulouse, Nantes, Bordeaux, Lyon, Grenoble, Lille, des rassemblements se sont déroulés à l’appel de différents collectifs féministes. « La nomination de Darmanin est un crachat à la gueule de toutes les victimes », a déclaré une manifestante.

Line Kovic