14 juillet : l’armée du capital à l’honneur

15 Juillet 2020

Ni la comédie gouvernementale sur l’hommage au personnel soignant et aux travailleurs en première ligne durant l’épidémie, ni la brièveté du défilé militaire pour cause de Covid-19 n’auront transformé le caractère du 14 juillet.

Il aura consisté, comme d’habitude, en la célébration de l’ordre social, de l’armée qui le garantit et de l’unité nationale qui le camoufle.

Macron et sa ministre de la Défense ont réitéré leur promesse d’augmenter les crédits militaires de 1,7 milliard d’euros tous les ans, de façon à porter le budget des armées à 40 milliards en 2023. Malgré les dizaines de milliards d’euros de matériels en commande, les aides multiples à l’exportation et la symbiose complète entre la haute administration et les marchands de canons, ces derniers ont demandé de la rallonge.

Les politiciens tricolores ont quant à eux rivalisé de courbettes militaro-patriotiques. Marine Le Pen, allant au-devant des désirs des industriels les plus riches du pays, a demandé qu’on accélère les commandes d’armement. Jean-Luc Mélenchon a insisté pour que l’armée investisse dans la cybernétique et que la Marine ait les moyens de défendre les territoires maritimes français. Le Sénat a pondu un rapport démontrant qu’il fallait non pas un mais deux porte-avions pour remplacer le Charles-de-Gaulle.

D’après le gouvernement, l’armée française volerait de succès en succès sur ses théâtres d’opérations, la Libye et la Méditerranée centrale, l’Afrique de l’Ouest, le Moyen-Orient. Pourtant dans toutes ces zones, loin de mettre fin aux conflits, les militaires français les attisent.

Être le garant de l’ordre social à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières, préparer en toute conscience l’aggravation des conflits armés, défendre aux quatre coins du monde les intérêts des capitalistes nationaux, augmenter par chacun de ses gestes la fortune des industriels français de l’armement, ce sont les missions réelles de l’armée. Le reste, de l’installation-alibi d’un hôpital de campagne à Mulhouse à la légende d’une république démocratique et sociale et aux discours sur l’unité nationale, n’est que propagande.

P. G.