SNCF : discrimination et chantage

08 Juillet 2020

En 2018, la SNCF a été condamnée pour discrimination envers 848 cheminots d’origine marocaine, les « Chibanis ». Mais d’autres cheminots confrontés aux mêmes injustices butent encore sur l’acharnement de la SNCF.

Les Chibanis avaient été embauchés dans les années 1970 sous un statut différent des autres cheminots, mais le contrat précisait que « le travailleur doit recevoir, à travail égal, une rémunération égale à celle de l’ouvrier français ». Engagement aussitôt bafoué.

Discriminés dans leur évolution de carrière, souvent maintenus dans les travaux les plus pénibles, comme atteler et dételer les wagons jusqu’à un âge avancé, ils sont partis en retraite plus tard que les autres, et avec des pensions plus faibles.

Après quinze ans de procès, les Chibanis sont parvenus à faire condamner la SNCF, qui a dû payer des indemnités importantes, quoique ne réparant pas une vie de préjudice.

Suite à ce long combat judiciaire, une deuxième vague d’agents contractuels a aussi intenté une action et le tribunal a accordé des indemnités allant de 80 000 à 250 000 euros.

Alors, la SNCF a fait contacter un certain nombre de plaignants, leur proposant de ne donner que le tiers ou le quart de la somme, laissant entendre qu’en cas de refus elle irait en appel, puis en cassation, que cela durerait des années.

Face à des plaignants assez âgés, souvent malades et financièrement en situation difficile, cet ultimatum est révoltant. La SNCF s’acharne dans la discrimination.

Correspondant LO