Smart – Hambach : les travailleurs menacés

08 Juillet 2020

Les 1 600 travailleurs de l’usine d’Hambach, en Moselle, où la Smart est produite, ont eu la surprise d’apprendre, le 3 juillet, que le constructeur automobile Daimler-Mercedes mettait leur usine en vente.

Un dirigeant de Mercedes a annoncé aux syndicats que la direction internationale avait décidé de se séparer de l’usine dans les plus brefs délais. L’usine d’Hambach, surnommée Smartville, regroupe d’une part pour moitié des salariés de Mercedes, et d’autre part des sous-traitants dont les ouvriers travaillent uniquement au montage de la Smart.

La menace actuelle vient après un chantage patronal exercé en 2016. À l’issue d’un bras de fer, la direction n’avait pas pu obtenir un accord syndical en vue de faire travailler les salariés 39 heures payées 37, au nom de la garantie de l’emploi. Mais les dirigeants de Mercedes étaient parvenus à leurs fins en faisant défiler les salariés un à un pour signer un avenant à leur contrat de travail, les obligeant à ce travail gratuit sous peine d’être licenciés.

Aujourd’hui le groupe Daimler, qui annonçait en 2018 près de 11 milliards de bénéfices, justifie le reniement de tous ses engagements par « la nécessité d’optimiser [ses] fabrications ». C’est d’un cynisme abject. Le groupe a vu ses profits baisser en 2019, non pas à cause d’une baisse d’activité, mais à cause des mensonges de la direction et du scandale déclenché par les émissions polluantes des moteurs. Daimler a donc dû indemniser ses clients aux États-Unis et en Allemagne.

Même aujourd’hui, en 2020, malgré la crise du Covid-19, Daimler continue d’engranger des bénéfices. Des centaines d’ouvriers de la Smart, déplacés pour aller travailler en Allemagne ces derniers mois, y ont d’ailleurs contribué.

La mise en vente de l’usine est une grossière manœuvre par laquelle Daimler vise à se dégager de toutes ses responsabilités sociales. L’enjeu pour les travailleurs est de contraindre le groupe multimilliardaire, qui emploie 278 000 salariés, à assurer l’emploi et le salaire des 1 600 travailleurs du site d’Hambach, quelle que soit aujourd’hui la nature de leur contrat de travail.

Le partage du travail, permettant d’alléger les cadences, et sans perte de salaire, devrait s’imposer, autant dans l’intérêt des travailleurs d’Hambach que de celui de leurs camarades d’Allemagne.

Correspondant LO