Roissy Aéroport : personne ne doit rester sur le carreau !

08 Juillet 2020

À Roissy, avec la baisse du trafic aérien, beaucoup de salariés sont en chômage partiel ou ne travaillent que quelques jours par mois. Les annonces de suppressions de postes dans les grandes compagnies montrent que les patrons essayent de faire payer cette baisse aux travailleurs. Cela suscite des réactions

Les salariés de Servair, qui préparent les plateaux repas, manifestent le mardi sur le parking avec ceux de Dutyfly, qui préparent les chariots de duty free des avions, et dont la cinquantaine de salariés sont menacés de licenciement. Le 30 juin, la direction a interdit ce rassemblement, mais la centaine de présents ont maintenu l’assemblée générale devant l’entrée, encouragés par les klaxons des routiers.

D’autres sous-traitants, les bagagistes de H.Reigner, viennent d’apprendre que la direction prévoit 123 licenciements.

Vendredi 3 juillet, le même jour que se rassemblaient les salariés d’Air France contre le plan de licenciements, une centaine de salariés d’ADP (ex-Aéroports de Paris) étaient aussi réunis, mais de l’autre côté, devant le siège social. Le PDG d’ADP veut imposer soit un plan de départs volontaires, soit une rupture conventionnelle collective. Le chômage partiel serait prolongé deux ans, les salaires et les congés baisseraient. Et un plan de 250 à 300 licenciements se prépare dans une filiale. Les syndicats demandaient dans le préavis de grève l’indemnisation des salaires à 100 % et un partage du travail avec maintien des rémunérations, mais le tract envoyé aux salariés comme le discours du secrétaire de la CGT mettaient l’accent sur un plan d’économies « alternatif ».

Quelle que soit l’entreprise, les directions cherchent à opposer les uns aux autres, donner du travail à certains sites plutôt que d’autres, reprendre le travail des filiales ou à l’inverse, en créer de nouvelles. Il est vain de discuter sur ce terrain, d’argumenter à partir des chiffres des directions, ou pire, de cultiver le particularisme et donc la division.

Les travailleurs n’ont aucun intérêt à s’isoler. Pour faire voler un avion, tous sont nécessaires, des techniciens du ménage aux pilotes en passant par les bagagistes. Les patrons peuvent payer. Ainsi, en même temps qu’elle annonce des suppressions de postes, la direction d’ADP écrit aux actionnaires « quelle na pas de difficultés de trésorerie à court terme ni de problèmes de financement à moyen ou long terme ». ADP s’en vante, mais les autres aussi ont gagné beaucoup d’argent. Il faut leur imposer de payer, maintenant. Et il y a les milliards déversés par l’État sur le secteur aérien.

Correspondant LO