Retraites : Macron à nouveau à l’attaque

08 Juillet 2020

Dans son interview du 2 juillet à la presse régionale, Macron a affirmé qu’il n’avait nullement abandonné sa réforme des retraites, suspendue à la mi-mars pour cause de Covid-19.

Il prétend reprendre dès l’été une nouvelle concertation avec les syndicats, en particulier sur l’équilibre financier du système des retraites.

Sur ce point aussi, le monde d’après risque fort de ressembler au monde d’avant, en pire. Le déficit des caisses de retraite aurait explosé, nous dit-on. Suite aux licenciements, au chômage partiel généralisé, aux exonérations patronales étendues, il serait cette année de 30 milliards d’euros. Ce déficit, on prétend le faire payer aux travailleurs, tout comme la dette de l’État démesurément gonflée par les centaines de milliards offerts à la bourgeoisie.

Pour combler le déficit, Macron semble envisager une nouvelle augmentation du nombre d’années de cotisations. C’est entre autres ce qu’il aurait sous-entendu quand il a parlé de « travailler plus », dans son discours du 14 juin. Prendre sa retraite encore plus tard, quand il y a plus de six millions de chômeurs et que chaque jour on annonce fermetures d’usines et plans de licenciements : voilà ce que voudra sans doute imposer le nouveau gouvernement. Ce qui n’exclut pas une baisse des pensions, comme on l’a vu à chaque réforme des retraites.

Les confédérations syndicales refusent pour le moment toute application de la réforme des retraites. La CFDT elle-même assure qu’augmenter la durée du travail serait franchir une ligne rouge : « La priorité des priorités, ça doit être l’emploi. » Les dirigeants syndicaux n’ont même pas réagi à la proposition de discuter de l’équilibre financier, qui est pourtant un de leurs dadas. Ils rappellent les grèves et les manifestations de décembre et janvier derniers contre la réforme.

Macron et les patrons seront-ils sensibles à cet argument ? Ils veulent depuis longtemps, parmi leurs attaques contre les travailleurs, tailler dans les retraites. La crise s’approfondissant, ils comptent reprendre l’offensive. Pour ne pas voir sa situation empirer, le monde du travail, lui, devra monter au créneau.

Vincent GELAS