Nokia – Lannion : manifestation contre les suppressions d’emplois

08 Juillet 2020

À Lannion, dans les Côtes-d’Armor, près de 4 000 personnes ont répondu samedi 4 juillet à l’appel de l’intersyndicale de Nokia ; s’y étaient jointes des délégations de Hop de Morlaix menacée de fermeture, et des Fonderies de Bretagne de Caudan.

Un premier rassemblement avait eu lieu devant l’entreprise le mardi précédent dès l’annonce des 402 suppressions d’emplois, soit plus de la moitié de l’effectif.

C’est dans une atmosphère pesante, gagnée par l’émotion, que s’est déroulée cette manifestation. C’est un véritable « coup de massue » qui est tombé une nouvelle fois sur la « Trégor Vallée » ; ces 402 suppressions d’emplois sont « injustifiées, incompréhensibles, intolérables et insupportables » a résumé un syndicaliste. « Séisme, trahison, écœurement, c’est une ville qu’on assassine » entendait-on de la part des édiles locaux.

Et pourtant ce « bastion historique des télécommunications » n’en est pas à sa première entreprise de dépeçage. C’est le treizième plan de suppressions d’emplois subi par les salariés de LTT d’abord, puis d’Alcatel, puis d’Alcatel-Lucent... puis le quatrième « plan social » depuis le rachat en 2016 par Nokia.

Les actionnaires en ont largement profité, qu’ils soient français, américains, finlandais, suédois, ou même pas vraiment identifiés comme la société BlackRock. En quatre ans, Nokia leur a versé 5 milliards de dividendes, ce groupe est donc loin d’être sur la paille. Ses dirigeants, comme ceux de nombreux grands groupes capitalistes, prennent prétexte de la crise pour sauver d’abord les profits des actionnaires.

Du côté des pouvoirs publics, il n’y a évidemment rien à attendre, à quelque niveau que ce soit. Bercy a sorti un communiqué où il explique respectueusement que « Nokia doit améliorer très significativement ce plan social ». Il prétend que le gouvernement « va travailler avec les salariés d’Alcatel-Lucent pour faire au groupe finlandais des contre-propositions et montrer que la France est un pays attractif ».

Une nouvelle manifestation est prévue à Paris mercredi 8 juillet, avec un TGV spécial au départ de Lannion. Reste à espérer que de nombreux travailleurs rejoindront leurs camarades de Nozay dans l’Essonne, le deuxième site de Nokia, pour crier leur colère et réclamer de répartir le travail entre tous ceux qui ont un emploi dans cette entreprise. Car si Nokia veut faire des économies, ce n’est pas aux travailleurs de payer la facture.

Correspondant LO