Airbus : prendre sur les profits pour sauver les emplois – Nantes

08 Juillet 2020

En Loire-Atlantique, la direction préparait les esprits au pire en parlant d’un plan « d’adaptation » et de « réduction de format ». Et là, une saignée d’ampleur est annoncée. Les deux tiers des postes supprimés concernent des ouvriers en production.

484 postes sont supprimés à Nantes, soit un poste sur cinq, 386 à Saint-Nazaire, et 201 à Stelia, filiale à 100 % Airbus. À ce plan de suppressions de postes massif s’ajoute une première vague de licenciements secs pour les centaines d’intérimaires, travaillant sur site ou dans la sous-traitance, qui se retrouvent sur le carreau depuis le mois d’avril ou de mai.

Pourtant, au moment de la pandémie, l’usine de Nantes n’a été mise à l’arrêt que quatre jours à partir du mardi 18 mars. Il s’agissait alors de faire redémarrer la production coûte que coûte et l’argument majeur du directeur consistait à dire : « nous jouons un rôle économique majeur. Beaucoup de PME qui dépendent de nous risquent de disparaître sans reprise d’activité... »

Aujourd’hui, des PME et sous-traitants qui travaillent essentiellement pour Airbus annoncent aussi des centaines de licenciements : c’est le cas à Daher, Mécachrome, Simra, Trigo qualitaire, et la liste s’allonge tous les jours.

Cette situation est d’autant plus choquante que 7 600 commandes sont en cours, qu’il y a du travail pour dix ans et que les livraisons ne sont pas annulées par les compagnies mais retardées. Le patron d’Airbus dit qu’il veut sauver l’entreprise, il ne fait que sauver les dividendes des actionnaires et se sert du prétexte Coronavirus pour mettre en place un plan d’aggravation des conditions de travail pour ceux qui ne seront pas licenciés.

Des débrayages sont d’ores et déjà prévus mercredi 9 juillet. La seule chose qui pourra les arrêter, c’est bien une réaction massive de l’ensemble des salariés Airbus, intérimaires, sous-traitants, CDD.

Correspondant LO