Transports d’Île-de-France : au patronat de payer le déficit !

01 Juillet 2020

Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, affirme qu’il y a 2,6 milliards de perte dans les transports suite au coronavirus. Elle parle de quasi-faillite, menace de ne plus payer la RATP et la SNCF à partir du 8 juillet et demande au gouvernement de prendre en charge les pertes.

Sinon, dit Pécresse, il faudrait augmenter de 20 euros par mois le prix des abonnements et, à moins d’un an des élections régionales, elle n’entend sûrement pas supporter le mécontentement qu’entraînerait une hausse importante des tarifs des transports.

Il faut préciser que le manque à gagner provient, pour un milliard, des entreprises que le gouvernement a exonérées du versement transport à cause du chômage partiel. Ce même gouvernement quant à lui ne promet qu’une aide de 435 millions, alors qu’il verse en même temps des milliards au grand patronat.

Pécresse a aussi demandé à la RATP de faire des gains de productivité, refrain bien connu dans l’entreprise, qui se traduisent toujours par une dégradation des conditions de travail, des effectifs insuffisants à la conduite et des réductions de postes dans la maintenance ou les services administratifs. Toutes ces déclarations sont donc accueillies avec défiance par les travailleurs, et avec l’idée que cela va servir encore une fois de prétexte à de nouvelles attaques. Et en effet le gouvernement et la région se préparent à faire payer les frais de cette crise aux usagers et aux travailleurs des transports d’Île-de-France.

Par ailleurs, avec les travaux d’extension du réseau, l’achat et le renouvellement de matériel, les transports sont un marché profitable pour bon nombre de grands groupes capitalistes tels que Bouygues, Eiffage, Vinci, Alstom… Cette année, trois milliards vont être consacrés à ces investissements. Combien de profit cela représente-il pour ces grands groupes ? D’une manière générale, c’est d’ailleurs le patronat qui a essentiellement besoin de transports pour amener les salariés sur le lieu de travail. C’est à lui de payer, et non aux travailleurs, qu’ils soient usagers ou salariés des transports.

Correspondant LO