La Halle, André… : les travailleurs du commerce doivent garder leur emploi !

01 Juillet 2020

Les enjeux s’annoncent importants pour des milliers de salariés de La Halle et de André, deux enseignes qui, il y a quelques années encore, étaient en tête des ventes de chaussures, et dont on leur dit aujourd’hui qu’elles sont en situation de quasi-faillite.

On assiste à un vol groupé de capitalistes autour des enseignes, en vue de leur rachat ou plus exactement de leur dépeçage. C’est le même scénario qui risque de se produire chez Celio, enseigne de vêtements pour hommes qui attend sa mise en redressement judiciaire, créant parmi les 4 000 salariés une grande inquiétude pour leur emploi. Ou encore chez Zara, après l’annonce de 1 200 fermetures de magasins dans le monde, chez H&M où de très nombreux magasins, fermés pour cause de coronavirus, n’ont toujours pas rouvert.

Chez La Halle, pas moins de 25 offres de reprise ont été déposées. Certaines, comme celles de Carrefour, Aldi ou Lidl, ne concernent que la reprise de 40 à 200 magasins sur les 850 existants. Seules les implantations intéressent ces repreneurs et pas les salariés, que légalement ils ne seront pas obligés de reprendre.

Chez André, à l’inverse, un seul repreneur s’est présenté. Là aussi son offre ne porte que sur 25 % du parc de magasins, le siège social et deux entrepôts, ce qui représente à peine la moitié des salariés.

Toutes ces enseignes ont d’abord fait la fortune des familles qui les ont créées et qui caracolent aujourd’hui au tableau des grandes fortunes. Elles ont fait et continuent de faire les profits des fonds d’investissement qui ont pris la suite. Ces fonds les ont rachetées sans débourser un centime, faisant rembourser leur dette par l’entreprise rachetée tout en prélevant, en tant qu’actionnaires, des dividendes les plus élevés possible et en raflant de très hauts salaires en tant que dirigeants. C’est le gros lot pour eux et pour les salariés, ce sont des vagues successives de suppressions d’emploi.

Aujourd’hui, ces mêmes capitalistes disent que la situation des entreprises, dont ils ont vidé les caisses, est catastrophique. Les travailleurs n’ont aucune raison de les croire et d’accepter leurs décisions.

Ils ont, par contre, toutes les raisons d’exiger la mise à plat des comptes présents et passés de leur entreprise pour voir où est passé l’argent des profits accumulés pendant toutes ces années sur leur travail et par quel canal les caisses ont été vidées.

La fortune actuelle des capitalistes est là. C’est sur cet argent qu’il faut prendre pour maintenir les emplois et en tout cas payer les salaires des travailleurs. Eux ne sont en rien responsables de la crise du capitalisme. Ils n’ont pas plus à en être les premières victimes.

Philippe Logier