Gauche : de vieilles recettes avec un peu de vert

01 Juillet 2020

Le succès, dans plusieurs grandes villes du pays, de listes municipales conduites par Europe écologie – Les Verts (EELV) a suscité de nouvelles conversions à l’écologie à gauche.

Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, s’est revendiqué de la vague verte, expliquant s’être battu depuis deux ans pour « l’union des partis de gauche et des écologistes ». Il s’est ensuite empressé de se dire prêt, pour la présidentielle de 2020, à se ranger derrière le candidat qui incarnerait « le bloc social- écologiste ». Il est vrai que le Parti socialiste, laminé lors des précédentes élections, peut d’autant plus proclamer d’avance son ralliement à une candidature verte, qu’il ne peut guère prétendre à la première place dans l’attelage tirant le char de la gauche.

Ce ne sont pas Les Verts qui lui donneront tort ! L’eurodéputé EELV Yannick Jadot a ainsi déclaré : « Il y aura clairement un avant et un après municipales 2020. » Dans son monde d’après, « c’est plus que l’union des gauches qui est possible. C’est une recomposition du paysage politique, autour de l’écologie. » Voilà le cadre des futures tractations entre les partis de gauche posé.

Du côté des dirigeants du Parti communiste, qui ont encore moins que le PS les moyens de peser, on se félicite de toutes les situations où « l’union des forces de gauche locales a permis la victoire ». Et Ian Brossat affirme : « Il faut continuer à construire des convergences à l’échelle nationale. Nous avons montré que la condition de la victoire, c’est le rassemblement. » Voilà un langage déjà entendu, qui a d’ailleurs déjà mené la gauche au gouvernement avec Hollande par exemple, avec le résultat que l’on connaît. Alors, se rassembler pour gagner quoi, et derrière quel programme ? Si celui-ci est désormais habillé de vert, jamais il n’est question de remettre en cause la domination de la bourgeoisie sur l’économie et la société. Jamais il n’est question d’expliquer aux travailleurs qu’il faudra arracher son pouvoir de nuisance à la classe capitaliste dominante.

La classe ouvrière a effectivement besoin d’unir et de rassembler toutes ses forces dans la guerre que lui mènent les capitalistes. Mais ce n’est pas une énième variante de coalition de gauche, ne proposant rien pour lutter contre les responsables de la crise économique, sociale et écologique qui menace l’humanité, qui le lui permettra.

Nadia CANTALE