Coronavirus : ce n’est pas fini

01 Juillet 2020

L’épidémie de coronavirus a désormais fait 10 millions de malades dans le monde et provoqué la mort de 500 000 personnes, selon le recensement de l’OMS. Ces chiffres sont clairement sous-évalués car la capacité de décompte, qui n’est fiable à peu près nulle part, est inexistante dans certains pays.

L’épidémie serait même en train de s’accélérer : le nombre de cas déclarés dans le monde vient de doubler en un mois. L’OMS multiplie les messages d’alerte et son directeur pour l’Europe vient d’affirmer que le risque reste élevé dans tous les pays.

En France, le gouvernement affirme pourtant que l’épidémie est sous contrôle. Le nombre de malades hospitalisés ne cesse de diminuer. Les écoles, les cafés, les restaurants sont maintenant ouverts presque normalement. Le conseil scientifique et la plupart des experts médiatisés envisagent une seconde vague à l’automne, mais sont plutôt rassurants sur la situation immédiate. Certains chiffres publiés par Santé publique France sont pourtant inquiétants : dans quatre régions françaises l’épidémie serait repartie à la hausse mais, selon cet organisme public, cela pourrait s’expliquer par une hausse du nombre de tests ou la présence de clusters sous contrôle.

Dans un entretien au journal Le Monde, le ministre de la Santé Olivier Véran se veut également rassurant. Il affirme que 250 000 tests sont réalisés chaque semaine dans le pays et que 99 % environ sont négatifs. Il promet de faire réaliser des campagnes massives de tests, et notamment de tester 1,3 million de personnes en Île-de-France.

Le ministre se dit aussi capable de mettre en place 12 000 lits de réanimation à l’automne si besoin, soit 3 000 lits de plus que le maximum atteint au pic de l’épidémie, en avril. Ce résultat n’avait cependant été atteint qu’au prix de l’interruption d’une grande partie de l’activité habituelle des hôpitaux. Une capacité d’accueil plus importante en réanimation serait bien sûr nécessaire, mais les déclarations rassurantes de Véran ne suffiront pas à la créer. C’est le même ministre qui avait promis 700 000 tests par semaine au début du déconfinement, et on n’en est maintenant qu’au tiers de ce nombre.

L’épidémie est effectivement à un niveau bas actuellement, mais les capacités de surveillance et de contrôle semblent toujours bien faibles et quelques signes de reprise épidémique apparaissent. La priorité du gouvernement a été de faire retourner tout le monde au travail et de pousser ceux qui le peuvent à partir en vacances dans le pays, pour relancer le tourisme. Mais, en matière d’épidémie, les responsables politiques continuent à jongler avec des chiffres et des déclarations peu crédibles. Cela ne rassure pas quant à leur capacité à la combattre.

Jean POLLUS