PSA Peugeot Citroën : travailleurs de Pologne ou de France, même patron, même combat

17 Juin 2020

Jeudi 11 juin, la direction de PSA a annoncé qu’elle comptait faire venir travailler dans ses usines en France des ouvriers des usines Opel de Pologne, Allemagne et Espagne. La presse a surtout parlé de l’arrivée dans une usine du Nord des ouvriers venant de Pologne. Mais deux autres usines PSA près de Metz étaient aussi concernées.

C’est donc un vaste plan de prêts d’ouvriers que PSA s’apprête à organiser à travers toute l’Europe pour remplacer les travailleurs intérimaires et transformer tous les travailleurs de PSA en nomades de l’industrie.

La direction de PSA veut monter une équipe de Nuit dans l’usine d’Hordain pour faire face aux commandes de véhicules utilitaires qui sont en hausse. Elle a décidé de faire appel à 300 ouvriers d’Opel de Gliwice en Pologne et à 230 venant de Saragosse en Espagne. La conséquence directe est qu’elle laisse au chômage partiel avec moins de 1 000 euros par mois (84 % du salaire) des centaines d’intérimaires qui étaient présents avant le confinement. Ceux-ci ne peuvent même pas aller travailler chez un autre patron pour avoir un salaire à 100 % sans casser leur contrat avec PSA et perdre leurs indemnités de fin de mission (IFM) qui représentent près de 3 000 euros.

Devant l’écho médiatique, les ministres Pénicaud et Le Maire ont demandé à PSA de « privilégier les travailleurs locaux ». La direction de PSA a aménagé son projet en acceptant de reprendre les 240 intérimaires toujours sous contrat. Elle ne fait donc venir pour l’instant que 122 ouvriers d’Opel de Pologne. Cela a suffi aux ministres, qui n’avaient aucune intention de s’opposer au projet essentiel de PSA.

Ce projet comporte le danger que les travailleurs en viennent à se combattre les uns les autres pour défendre leur place pour fabriquer des voitures la nuit. La direction de PSA, comme tous les patrons, veut mettre en concurrence les travailleurs, utiliser les différences de statut entre intérimaires et CDI, ou de nationalité, pour tenter de les diviser afin de renforcer son exploitation.

Des militants ouvriers ont répondu à la politique de la direction en défendant l’idée que ce projet nuit à tous les travailleurs, sans tomber dans le piège du chauvinisme ou du prétendu patriotisme social. Il ne faut pas se tromper d’ennemi. Le responsable de cette situation n’est pas l’ouvrier Polonais, l’intérimaire ou l’ouvrier en CDI de PSA. C’est la direction de PSA qui veut écraser encore plus tous les travailleurs, en France comme en Pologne, en les rendant plus flexibles, plus mobiles, plus précaires.

Elle veut utiliser la peur et la concurrence pour faire pression, car aucun travailleur n’est réellement volontaire pour aller travailler la nuit pendant des mois à des milliers de kilomètres de chez lui. Les ouvriers polonais d’Opel, au chômage depuis des mois avec une chute brutale de leur salaire, ne viennent pas par plaisir travailler à 1 500 km de chez eux. Ils y sont obligés pour vivre.

La seule perspective que les travailleurs doivent défendre est de s’unir, quel que soit leur statut juridique, leur nationalité ou la couleur de leur peau. Elle est de faire bloc face au patron et à sa politique de division pour défendre leurs intérêts : que personne ne soit au chômage et que chaque travailleur soit payé au meilleur salaire. Pour qu’aucun travailleur ne soit au chômage, qu’il soit de Pologne ou de France, en CDI ou intérimaire, il faut répartir le travail entre toutes les usines, quel que soit le pays, sans baisser les salaires.

Ces militants ont pris l’initiative de s’adresser aux ouvriers polonais avec un tract écrit dans leur langue pour défendre les idées de la solidarité internationale des travailleurs. Et en reprenant le cri de guerre ô combien d’actualité : Travailleurs de tous les pays, unissons-nous !

Correspondant LO