PSA – Metz-Borny : non à l’avenir qu’ils nous préparent !

17 Juin 2020

Une cinquantaine de travailleurs d’une usine Opel de Pologne ont été prêtés temporairement par PSA à l’usine de Metz-Borny, où le manque de personnel est criant du fait des réductions d’effectif – un millier d’emplois supprimés ces dix dernières années – et de la non-reprise des dizaines d’intérimaires employés avant le confinement.

Le groupe Opel a été ­racheté par PSA, qui veut maintenant pouvoir disposer des travailleurs comme bon lui semble. La plupart de ces travailleurs venus de ­Pologne ne parlent pas français ; mais qu’à cela ne tienne, entre ­ouvriers on sait aussi communiquer par gestes.

Des militants de la CGT se sont adressés par un tract bilingue aux ouvriers polonais pour qu’il n’y ait pas de fossé entre travailleurs.

Ils ont reçu un bon accueil de leur part, mais pas de la direction ! Elle a aussitôt fait des rappels à l’ordre aux militants : elle ne veut pas que se casse la barrière de la langue et que les travailleurs ­communiquent entre eux. Diviser pour régner, mais comme le dit le tract aux ouvriers polonais « vous n’êtes pas nos ennemis mais nos frères ».

Les intérimaires encore en contrat à Metz sont payés par l’État au chômage partiel, c’est-à-dire avec une paye au niveau du smic, tandis que ceux dont le contrat s’est terminé pointent à Pôle emploi. Quant aux ouvriers polonais venus à Metz, eux ne sont pas payés selon les conditions de PSA mais selon la convention collective, bien moins favorable.

Les patrons veulent ramener les travailleurs des décennies en arrière, corvéables à merci. Aujourd’hui, ils envoient des Polonais à 1 500 km de chez eux, demain ils enverront ceux de Metz à l’autre bout de l’Europe. Les patrons voudraient ainsi diviser les travailleurs. Pour ceux-ci, il faut au contraire prendre conscience de l’unité de leurs intérêts.

Correspondant LO