Castaner : chef de la police… ou le contraire ?

17 Juin 2020

Le gouvernement a reculé face aux syndicats policiers qui exigeaient le maintien de l’usage de la clé d’étranglement comme technique d’interpellation. Celle-ci pourra continuer à être utilisée, « avec mesure et discernement », est-il précisé dans une note du directeur de la police nationale du 15 juin.

Embarrassé par le succès inattendu des mobilisations initiées par le comité Adama Traoré, le gouvernement avait fait un geste en direction des manifestants en reconnaissant qu’il y avait un problème de racisme et d’usage de la force dans la police. Le 8 juin, lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Intérieur Castaner avait annoncé l’abandon des « techniques dites d’étranglement », donnant ainsi raison à ceux qui les mettaient en cause dans plusieurs décès lors d’interpellations. Il avait même été jusqu’à promettre des sanctions en cas de « suspicion avérée de racisme » de la part de policiers qui jusque-là ont toujours bénéficié d’un soutien quasi inconditionnel de leur hiérarchie.

Il aura suffi de quelques protestations publiques de policiers pour qu’en quelques jours Castaner revienne piteusement sur toutes les décisions annoncées. La lâcheté dont a fait preuve le ministre de l’Intérieur ne tient pas seulement à sa personnalité. C’est celle de tout ce gouvernement, prompt à faire matraquer des travailleurs, des jeunes ou des gilets jaunes, mais qui tremble dès que les forces de répression sur lesquelles il s’appuie contre les classes populaires font mine de froncer les sourcils.

Boris SAVIN