Manifestation et solidarité

10 Juin 2020

« Pas une usine ne doit fermer ! » « Renault-Choisy ne fermera pas ! » Les slogans ont résonné sur le parcours qui a mené, le 6 juin, des centaines de manifestants du centre de Choisy-le-Roi jusqu’à l’entrée de l’usine Renault.

Parmi les manifestants se trouvaient les salariés du site et leurs familles, mais aussi des ouvriers d’autres sites de Renault ou de l’automobile, ainsi que des travailleurs du département venus apporter leur soutien.

Le 29 mai, le président du groupe Renault confirmait un plan d’économies de 2 milliards d’euros sur trois ans, et annonçait la suppression de 15 000 postes, dont 4 600 en France. Une déclaration de guerre. Concernant Choisy, où travaillent 260 salariés, il annonçait la fermeture pure et simple du site à l’horizon 2022, avec peut-être le transfert de son activité, la rénovation et le reconditionnement de moteurs et de boîtes de vitesses, à l’usine de Flins dans les Yvelines.

Face à cette attaque, il n’y a pas d’autre issue que la lutte. Ali Kaya, militant de Lutte ouvrière et parlant au nom de la CGT de Renault Flins, a dénoncé le plan de 4 600 suppressions de postes qui menace aussi les sous-traitants, les intérimaires et les prestataires. Personne ne doit perdre son emploi : « Sil y a moins dactivité, que lon répartisse le travail entre tous ». Il a rappelé : « Renault, cest une entreprise riche à milliards, 24 milliards deuros de bénéfice en dix ans. Il faut demander des comptes. Où sont passés ces milliards ? » Il a dénoncé la tentative de division entre les travailleurs de Flins et ceux de Choisy : « La direction de Renault ment à nous tous quand elle explique que lactivité va continuer à Flins. Ils nous disent que cest dans notre intérêt, si Choisy ferme. Mais non, ils narriveront pas à nous monter les uns contre les autres. La réalité, c’est quils ont décidé aussi de fermer lusine de Flins. Nous sommes en train de nous préparer nous aussi à la bagarre. »

Notre camarade Jean-Pierre Mercier, intervenant pour la CGT de PSA, a apporté son soutien à la lutte contre les fermetures d’usines du groupe : « Ce nest pas quune bataille de Renault Choisy, ce nest pas la bataille de Flins ou celle de Maubeuge, de Dieppe ou de la Fonderie de Bretagne. Cest la bataille aujourdhui de lensemble du monde du travail, car nous sommes tous attaqués. (…)Ce nest pas que lautomobile, cest aussi laéronautique, la SNCF, la grande distribution, le textile… Aujourdhui tout le monde est attaqué, personne nest protégé. Et ce nest pas que lemploi, cest aussi les salaires, les congés payés qui sont attaqués ! » Il a rappelé que ce sont les travailleurs les indispensables qui ont fait tourner l’économie dans la période et que ce sont eux qui leur font aussi gagner ces milliards de profits.

Alors, a-t-il conclu, « en temps de crise économique, on ne doit pas accepter le moindre licenciement. Personne à la rue, personne au chômage ! Il faudra trouver le moyen de répondre à cette offensive générale, non pas boîte par boîte, mais par une riposte générale ! »

Correspondant LO