Le genou à terre de Colin Kaepernick

10 Juin 2020

Aujourd’hui, le candidat Joe Biden en tête, tous les dirigeants démocrates mettent un genou à terre pendant huit longues minutes en hommage à George Floyd, bien qu’eux aussi portent une responsabilité écrasante dans la condition des Noirs américains.

C’est le joueur de football américain métis Colin Kaepernick, alors l’excellent meneur de jeu d’une équipe de San Francisco, une des meilleures du pays, qui est à l’origine de ce geste. À l’été 2016, pour protester contre les meurtres de Noirs commis impunément par des policiers, il a refusé de se tenir debout quand l’hymne était diffusé, avant les matchs. Il resta d’abord assis puis mit un genou à terre, une posture que de nombreux footballeurs et d’autres sportifs noirs adoptèrent à sa suite.

Naguère adulé, Kaepernick commença à être violemment attaqué. Les démocrates ne le soutinrent pas, insistant sur le respect dû au drapeau et aux soldats américains. En lui conseillant de trouver un autre pays, Trump déclara publiquement que c’était « un fils de pute » qui devrait être viré par son club. Un membre républicain du Congrès le compara à l’État islamique. Kaepernick quitta son équipe. Les propriétaires des autres clubs de la National Football League s’étant entendus pour l’écarter, il n’en retrouva pas d’autre alors qu’il était au meilleur de sa forme.

Kaepernick, qui avait refusé de choisir entre Hillary Clinton et Trump en 2016, ne s’y est pas trompé face à ces postures hypocrites des démocrates. « La révolte est l’unique réaction logique », a-t-il dit après la mort de George Floyd.

M. B.