Le “genou à terre” de Castaner

10 Juin 2020

À la suite des rassemblements contre le racisme et les violences policières, le ministre de l’Intérieur, Castaner, s’est exprimé le 8 juin « au sujet de la question du racisme et de la mise en cause des forces de l’ordre ».

Le ministre de l’Intérieur, qui lors des manifestations des gilets jaunes ou de celles contre la réforme des retraites s’est illustré par ses déclarations provocatrices, a dû changer de ton, incité par le gouvernement et par Macron à ne pas souffler sur les braises. Il a donc pris l’engagement de poursuivre tout policier qui manquerait à ses devoirs « républicains », ou encore celui d’abandonner la prise par le cou, méthode dite de l’étranglement.

Quant aux accusations de racisme dans la police, alimentées encore dernièrement par les révélations sur des paroles proférées par des policiers sur Facebook ou WhatsApp. Castaner a évidemment voulu préciser qu’« il n’y a pas d’institution raciste ». Mais il a voulu se montrer ferme en annonçant que, dans les cas avérés, il y aurait une sanction administrative, voire une suspension.

Ce n’est pas la première fois qu’un ministre de l’Intérieur parle de sanctions exemplaires, et de tolérance zéro face aux comportements racistes de la police, sans que cela soit suivi d’une quelconque mesure. Des générations de jeunes et de moins jeunes issus de l’immigration peuvent en témoigner.

Si les déclarations de Casatner ont suffi à provoquer une levée de boucliers du syndicat de police Alliance et des politiciens de droite et d’extrême droite, ces annonces risquent fort de ne pas calmer la colère des manifestants.

Le gouvernement voudrait déminer une colère qui gagne toute une partie de la jeunesse et qui pourrait bien ne pas s’arrêter à la remise en cause des pratiques de la police.

Aline RETESSE