Émirats arabes unis : Altrad, capitaliste et esclavagiste

10 Juin 2020

Des ouvriers immigrés ont manifesté mi-mai dans le camp où ils vivent parqués, proche d’Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis. Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, ils n’étaient pas payés par l’entreprise qui les emploie, AMB-Hertel, filiale du groupe français Altrad, spécialiste de services aux entreprises du BTP.

La multinationale se servait ainsi d’une disposition légale dans ce pays lui permettant de prendre prétexte de la pandémie pour ne pas verser les 290 euros de salaire mensuel dus à ces ouvriers indiens ou népalais. Elle profitait aussi de la précarité extrême dans laquelle ils étaient plongés et bénéficiait de la complicité de la police pour obliger les travailleurs migrants à accepter. Mais cette fois-ci, les vidéos postées par les manifestants ont révélé les pratiques qu’elle et ses semblables mettent en œuvre dans tous les pays du Golfe.

Pour sa défense, le groupe se contente d’étaler son mépris pour ces travailleurs : « Le groupe Altrad emploie près de 15 000 salariés dans le Golfe et (…) on parle du mécontentement de 200 personnes. »

On comprend comment, avec de tels procédés, le fondateur et président du groupe, Mohed Altrad, par ailleurs candidat au second tour des élections municipales à Montpellier, a accumulé 3,3 milliards d’euros de patrimoine, se classant ainsi au 31e rang des fortunes françaises.

J. L. G.