Apprentissage : plus de cadeaux pour le patronat

10 Juin 2020

Jeudi 4 juin, la ministre du Travail Murielle Pénicaud a présenté les nouvelles mesures de soutien du gouvernement concernant l’apprentissage. Sans surprise, il s’agit essentiellement de nouveaux cadeaux de plus d’un milliard d’euros accordés au patronat, et surtout à celui des plus grandes entreprises.

Le gouvernement n’a donc pas traîné pour répondre aux souhaits du syndicat patronal, le Medef, qui depuis une dizaine de jours réclamait de nouvelles aides pour l’embauche d’apprentis. Les primes à l’embauche augmenteront, passant de 4 125 euros à 5 000 euros pour les apprentis de moins de 18 ans, et de 5 125 euros à 8 000 euros pour les plus de 18 ans.

L’apprentissage ne coûtait déjà pas grand-chose au patronat mais, de l’aveu même de Pénicaud, « le coût d’un apprenti sera quasi nul la première année pour un employeur » et ce sera même carrément gratuit si l’apprenti a moins de 20 ans…

De plus, alors qu’auparavant seules les petites entreprises pouvaient toucher cette prime, dorénavant celles de plus de 250 salariés pourront y avoir accès, à la seule condition qu’elles aient plus de 5 % de leurs salariés en alternance. Et, cerise sur le gâteau, cette prime d’apprentissage, qui était jusque-là réservée aux CAP, BEP et Bac pro, sera maintenant étendue aux diplômes allant jusqu’à la licence pro.

Pour tenter de justifier ce nouveau cadeau donné aux patrons, le gouvernement invoque l’explosion du chômage des jeunes et la chute de 50 % des offres d’embauche en apprentissage depuis le début de l’épidémie du coronavirus. Mais ces aides ne résoudront en rien le chômage des jeunes. Tout au plus, elles inciteront peut-être certains patrons à recruter un peu plus en apprentissage, mais ce sera de toute façon au détriment d’autres types de contrats : stages, contrats de professionnalisation, contrats aidés, intérim, CDD… Et puis, ce n’est pas le développement de l’apprentissage, s’il se produit, qui empêchera les capitalistes de supprimer des emplois ou de fermer des usines. Au contraire même, plus il est aidé, plus il accélère son offensive contre le monde du travail. Seule une réaction d’ensemble de la classe ouvrière pourra l’arrêter.

Arnaud LOUVET