Aéronautique : une pluie de milliards pour le patronat et aucune garantie pour les travailleurs !

10 Juin 2020

Le ministre de l’Économie Le Maire a annoncé le plan du gouvernement censé « sauver l’industrie aéronautique » pour qu’elle soit « plus compétitive ». Dans son discours il affirme que « 100 000 emplois seraient menacés dans les six mois ». Mais pas question pour lui d’assurer que les 15 milliards d’euros distribués éviteront les suppressions d’emplois.

Les Airbus, Dassault, Thales, Safran, Air France, comme les grands sous-traitants, et peut-être quelques PME, recevront des aides directes. Ils bénéficieront également de reports d’échéances. L’activité de recherche et développement sera soutenue. Quant au chômage partiel de longue durée, payé en grande partie par l’État, il sera généralisé. Pour ce qui est du maintien de l’emploi, qui sert de prétexte aux milliards de soutien des industriels de la filière, le ministre assure que malgré tout « des ajustements seront sans doute nécessaires », mais « dans toute la mesure du possible, sans départ contraint ». En clair : il y aura 15 milliards pour les entreprises d’un côté et aucune garantie sur l’emploi pour les travailleurs !

D’ailleurs, Airbus a déjà commencé à se débarrasser d’une grande partie des intérimaires et de certains sous-traitants sur site. Chez les grands sous-traitants également, sans attendre la perfusion des mesures gouvernementales, les coupes claires dans les effectifs ont commencé. Daher a annoncé la suppression de 3 000 emplois ; chez Derichebourg, 700 emplois seraient menacés ; chez Safran, c’est à l’étude et les cadres commenceraient à faire des listes. C’est aussi la saignée dans les PME sous-traitantes : dernière en date, à Colomiers dans la banlieue de Toulouse, l’entreprise CMT+ vient d’annoncer un plan de 140 suppressions d’emplois sur 225 salariés.

Parallèlement à ces attaques sur l’emploi, les congés, les RTT mais aussi les horaires de travail et les salaires sont dans le collimateur. En plus des pertes liées au chômage partiel dans tout le secteur aéronautique, pas question par exemple d’augmentation de salaire jusqu’en 2021 chez Airbus, et chez Safran pas question de compter sur le maintien de l’intéressement.

Les patrons de l’aéronautique et les actionnaires sont généreusement assistés par le gouvernement pour leur faire passer l’orage de la crise, et les préparer à la reprise face à la concurrence. En guise de sauvetage de l’aéronautique, ce sont les conditions de vie, d’emploi et de travail des salariés qui sont attaquées.

Qu’ils soient CDI, CDD, intérimaires, travailleurs en chômage partiel ou déjà au chômage, tous sont attaqués. C’est tous ensemble qu’il devront se défendre, avec un objectif commun face à la baisse de l’activité : la répartition du travail entre tous sans diminution des salaires. Les profits amassés ces dernières années doivent servir à sauver les emplois et les salaires.

Correspondant LO