PSA – Mulhouse : derrière le Covid, la course au profit

27 Mai 2020

À l’usine PSA de Mulhouse, la production a redémarré sur une équipe au lieu de deux, et au volontariat. Sous le faux prétexte de « favoriser » les ouvriers en CDI, la direction avait décidé de ne pas rappeler les intérimaires au travail.

Mais la manœuvre a uniquement pour but de mettre fin à leurs contrats en les laissant au chômage partiel payé par les caisses de l’État jusqu’au terme de leur mission d’intérim. Sauf que, sans ces travailleurs, la chaîne ne peut pas tourner, ou alors très difficilement.

Ainsi le 18 au matin, il manquait des ouvriers sur plusieurs dizaines de postes. Si des salariés en CDI ont accepté de revenir à l’usine, notamment les ouvriers professionnels, une majorité d’autres n’étaient nullement volontaires. Alors la direction a dû faire venir des travailleurs d’autres ateliers, du Ferrage ou de la Peinture, pour essayer de démarrer la ligne de montage coûte que coûte en les mettant à deux par poste, sans formation. Ce n’est qu’en milieu de journée qu’elle y est parvenue.

Le patron, qui avait fixé un objectif de 22 voitures par heure, en-deçà de la production habituelle, a donc dû se contenter de trente voitures au total à la fin de la journée.

Inutile de dire qu’après deux mois d’arrêt, aucun travailleur ne s’est plaint de pouvoir reprendre plus doucement ! D’ailleurs, derrière l’écran de fumée du protocole sanitaire de la direction, les problèmes concrets du travail à la chaîne ont vite réapparu. Il y a bien sûr la difficulté de faire des opérations parfois minutieuses, équipé d’un masque chirurgical et de lunettes ou d’une visière de sécurité. Et il y a la « distanciation sociale » d’un mètre, censée être respectée partout… mais qui s’avère impossible à tenir lorsqu’on travaille à la chaîne, proches les uns des autres, et encore plus quand des ouvriers doivent en former d’autres.

La direction ne cache pas sa volonté de supprimer des postes de travail d’ici plusieurs semaines. Les travailleurs devront s’organiser de leur côté face à cette politique.

Correspondant LO