Covid-19 : le gouvernement ne sait toujours pas compter

27 Mai 2020

Dans les hôpitaux, le personnel soignant constate que le nombre de malades du Covid-19 diminue et espère que cette amélioration va se poursuivre dans les semaines à venir. Les chiffres donnés par le gouvernement vont également dans ce sens et semblent confirmer que la remontée de l’épidémie après le déconfinement devrait être limitée.

Ces statistiques, présentées souvent comme des vérités indiscutables, sont en fait assez douteuses. Le nombre déclaré de patients positifs dépend clairement du nombre de tests et il est largement admis aujourd’hui que ce chiffre est sous-évalué. Le nombre de patients décédés est très incomplet : il ne tient pas encore compte des morts à domicile et les données issues des Ehpad varient curieusement. Mardi 19 mai, le total des décès dans les maisons de retraite a même diminué par rapport à la veille, et le week-end suivant aucun nouveau chiffre n’a été annoncé pour les Ehpad. Le bilan de l’épidémie peut donc réserver bien des surprises sur le modèle de ce qui se passe en Italie où l’Institut de sécurité sociale, l’INPS, vient d’ajouter environ 19 000 morts au 28 000 dénombrés jusque-là par la protection civile.

Au début de l’épidémie les données officielles étaient quasiment fantaisistes, puisqu’on ne disposait pas d’assez de tests, et c’est bien le débordement des hôpitaux de l’Est qui a fait tirer le signal d’alarme et entraîné la mise en place du confinement. La situation n’a pas changé et si une deuxième vague se produisait on ne l’apprendrait probablement pas non plus grâce aux statistiques officielles.

Ces chiffres optimistes sont en tout cas bien pratiques pour justifier les nouvelles mesures de déconfinement et notamment la mise en place du deuxième tour des élections municipales le 28 juin. Comme l’organisation du premier tour à la veille du confinement a été largement critiquée, le gouvernement imagine de nouvelles mesures de protection qui risquent de le transformer en farce. Les électeurs iront probablement aussi peu aux urnes que les enfants vont à l’école actuellement. À moins que l’élection ne soit reportée au dernier moment.

L’improvisation au jour le jour continue donc, à grand renfort d’arguments pseudoscientifiques et de statistiques décidément peu fiables. Comment s’étonner si la confiance dans le gouvernement, selon toutes les études, continue de diminuer ?

Jean POLLUS