CDG Express : priorité à la première classe

27 Mai 2020

La construction de la ligne Charles-De-Gaulle Express, devant relier laéroport de Roissy à la capitale, est dénoncée depuis plusieurs années par les associations dusagers, les élus locaux et les cheminots.

Baptisé à juste titre « le train des riches », moyennant 24 euros, il éviterait, par un trajet direct de 20 minutes, aux hommes d’affaires et aux touristes aisés d’emprunter le RER B, bondé, omnibus et sujet à de multiples incidents et retards. Cette ligne 1re classe, avec 20 000 passagers quotidiens contre deux millions dans le RER surpeuplé, opérerait une vraie « distanciation sociale ».

La mise en service, prévue initialement pour les JO de 2024, avait été repoussée pour permettre la semi-automatisation des RER B et D. Alors que le réseau banlieue est au bord de la rupture, cet aménagement devait permettre une meilleure fluidité du trafic et plus de trains. Mais ces travaux viennent d’être repoussés par SNCF Réseau au plus tôt après ceux de la ligne CDG Express. Double peine pour les usagers, les travaux de la ligne nouvelle empruntent une partie du réseau existant et vont provoquer un cauchemar pendant des années, car la moindre intervention sur le réseau saturé de la banlieue Nord interrompt toute circulation.

Même Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France, a fait mine de s’indigner de l’inversion du calendrier. Depuis l’origine, elle a pourtant approuvé et défendu le train des riches, avec un sûr instinct de classe : à ses yeux, le confort d’un bourgeois de passage vaut bien mieux que celui de cent usagers quotidiens des cités d’Aulnay, Sevran ou du Bourget.

Christian BERNAC