Première ligne : bas salaires, grands discours19/05/20202020Journal/medias/journalarticle/images/2020/05/P7_affiche_militante_SuperHeros_C_LO.jpg.420x236_q85_box-0%2C47%2C500%2C328_crop_detail.jpg

La société en crise

Première ligne : bas salaires, grands discours

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, a annoncé une conférence avec les représentants des branches professionnelles qui emploient « les caissiers et caissières, les manutentionnaires, les chauffeurs livreurs, les éboueurs », en somme tous ceux qui se trouvent « en première ligne » face à l’épidémie de coronavirus.

Illustration - bas salaires, grands discours

Depuis le début de la crise sanitaire, Macron a multiplié les hommages à ces travailleurs dont il a fait mine de découvrir le rôle essentiel. Au bout de deux mois de discours creux, comme il faut avoir l’air de faire quelque chose, le gouvernement a donc fini par annoncer une réunion pour regarder comment « prendre en compte ces métiers qui ont besoin d’être revalorisés ».

Il n’est toutefois même pas sûr que la conférence ait lieu tant le patronat freine des quatre fers. Ce n’est pas étonnant ! Si les caissiers et l’ensemble des travailleurs de la grande et moyenne distribution ont des salaires avoisinant le smic, et encore, et connaissent toutes les formes de contrats précaires, c’est bien parce que les patrons du secteur, Leclerc, Carrefour, Auchan et autres, l’ont voulu ainsi, pour augmenter leurs profits.

Il en est de même dans toutes les branches, à commencer par le tri des déchets ou le nettoyage. Le Medef a d’ailleurs déjà pris prétexte de la crise pour écarter toute idée d’augmentation de salaire, prétendant, sans rire, que les minima avaient déjà augmenté dans les secteurs concernés.

Quant à Pénicaud elle-même, après avoir permis au patronat de faire quasiment ce qu’il veut et réduit les protections des travailleurs comme peau de chagrin, elle a précisé qu’il n’était pas question d’augmenter le smic. Autant dire que si réunion il y a, on y discutera de tout, sauf des questions essentielles pour les travailleurs.

La crise a mis en évidence, s’il en était besoin, que sans les travailleurs rien ne fonctionnait. Là est la force qu’ils devront utiliser contre le gouvernement et le patronat pour changer leur sort.

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