Europe : 500 milliards pour réparer l’Union

19 Mai 2020

Lundi 18 mai, le président Macron et la chancelière Merkel ont conjointement proposé que l’Union européenne s’endette de 500 milliards afin de subventionner les pays ou les entreprises les plus en difficulté.

Cette proposition, aussitôt validée par la présidente de la Banque centrale européenne, a été enrobée de promesses quant à une lutte sanitaire commune, des recherches vaccinales européennes et l’inévitable assurance de sortir de la crise plus vert et plus vertueux qu’on y est entré. Cette proposition d’emprunt, qui doit encore être acceptée par les autres membres de l’UE, est avant tout un geste politique, face à son délitement.

Depuis le début de la crise sanitaire, sociale et économique engendrée par la pandémie, les États membres de l’UE ont réagi séparément, allant jusqu’à saisir des cargaisons de masques en transit sur leur sol et destinées à d’autres membres de la mal nommée Union. Chacun a décidé de sa politique sanitaire et en particulier du confinement, ou non, et de son arrêt, fermé ses frontières sans en référer aux autres, les rouvrant pour les besoins de la circulation de la main-d’œuvre, etc. Chaque État a avant tout volé au secours de ses capitalistes, leur ouvrant en grand les caisses publiques. C’est cet échec que les deux dirigeants voudraient faire oublier en démontrant que chaque État aura droit à la solidarité de l’Union.

Les contradictions aiguës qui sont apparues depuis deux mois sont le reflet de la concurrence entre les diverses bourgeoisies européennes et leurs États. Ces tensions ne peuvent que s’amplifier avec la crise économique croissante, et ni l’euro ni l’Union européenne elle-même ne sont assurés d’y résister. Même avec les 500 milliards promis le 18 mai par le couple Merkel-Macron.

Paul GALOIS