Discours présidentiels : un coup dans l’Aisne

19 Mai 2020

Dimanche 17 mai Macron était à Montcornet, dans l’Aisne, pour l’anniversaire de la bataille qui s’y est déroulée en 1940. Cet épisode militaire est à la légende gaulliste ce que la pâture de Domrémy est à celle de Jeanne d’Arc, le lieu où tout a commencé.

En effet, raconte le général dans ses mémoires, c’est là et à la lumière de la défaite qui allait suivre, qu’il eut la révélation de ce qu’il fallait faire pour sauver la France.

C’est là, ajoute Macron 80 ans plus tard, que de Gaulle a rencontré son destin. Et le président d’enfiler les phrases grandiloquentes, de sous-entendre pesamment que la lutte contre le Covid-19 s’inspire du grand exemple de la lutte contre l’envahisseur, d’invoquer l’esprit de résistance, etc.

La pièce a déjà été jouée mille fois par bien des politiciens, à commencer par de Gaulle lui-même qui a usé le rôle après l’avoir créé. Aujourd’hui tous les partis qui prétendent à la gestion des affaires publiques, du PCF au RN, se réclament du gaullisme ou au moins d’une époque du gaullisme. C’est pourquoi le discours de Macron a suscité une série de réactions de ses concurrents, affirmant leur bon droit à se réclamer du général et le peu de titres du président actuel pour le faire.

Ces querelles de cours d’école autour des morceaux de la vraie croix de Lorraine sont tout ce que le personnel politique actuel a à offrir. Cette bouillie patriotique est censée séduire telle ou telle partie de l’électorat. Quant aux travailleurs, elle aura du mal à leur faire avaler les centaines de milliards offerts au grand patronat et qu’on leur demandera ensuite de payer.

Paul GALOIS