Temps de travail : les plans du grand patronat

13 Mai 2020

L’institut Montaigne, qui se prétend laboratoire d’idées, a publié une note le 6 mai. Pour « rebondir face au Covid-19 », il veut « assouplir quelques verrous juridiques » pour permettre au patronat et à l’État d’augmenter le temps de travail des salariés. Tous les salariés, du privé comme du public, sont dans le viseur.

Dans le privé, l’institut propose de « déroger au temps de repos quotidien de 11 heures minimum par jour », et d’autoriser les patrons « à titre temporaire (par exemple jusqu’en 2022), à imposer le rachat de jours de RTT pour les salariés au forfait », ainsi qu’à « accroître le temps de travail sans pour autant que la rémunération supplémentaire correspondante ne soit versée immédiatement ». Par exemple, le paiement des heures supplémentaires serait intégré « dans la formule de calcul de la réserve minimale de participation versée l’année suivante », voire ultérieurement.

Dans la fonction publique, l’institut propose de « diminuer le nombre de RTT, à titre provisoire », d’« accroître les catégories éligibles au forfait jour », d’augmenter la durée de travail pour « les fonctionnaires de secteurs d’activité nécessaires à la vie économique ou en tension ». Cela pourrait par exemple concerner les soignants, mais les enseignants ne seraient pas épargnés, avec la suppression en 2020 de la première semaine des vacances de Toussaint, et celle du jour férié du jeudi de l’Ascension « en maintenant les écoles ouvertes ».

Cette campagne prépare donc les attaques pour augmenter le temps de travail, en même temps que les grandes entreprises s’apprêtent à licencier massivement. Ainsi les capitalistes pourraient gagner sur les deux tableaux, malgré l’absurdité et le désastre social que de telles mesures produiraient pour l’ensemble de la population. Les suggestions de ce « laboratoire d’idées » visent clairement à préparer l’opinion à de nouveaux sacrifices. Elles ont tout de même le mérite de révéler au grand jour à quelles attaques patronales les travailleurs doivent se préparer.

Julie Lemée