Renault – Cléon : une reprise… pas si simple !

13 Mai 2020

C’est deux semaines avant le déconfinement, c’est-à-dire vers le lundi 27 avril, qu’une partie de la production a repris à l’usine Renault de Cléon, près de Rouen.

La direction voulait absolument un redémarrage rapide des ateliers de production et de montage du moteur F, car la Russie et le Brésil en commandaient, disait-elle. Devoir reprendre comme s’il ne s’était rien passé, du jour au lendemain, avec un masque huit heures par jour sur le visage, sans pouvoir manger, sans café, etc., était incompréhensible et même insupportable pour les travailleurs.

Face au mécontentement qui montait, pour faire accepter cette reprise anticipée, la direction a facilement reculé sur la demande des salariés de ne travailler que six heures par jour pour pouvoir au moins manger tranquillement à la maison.

Jour après jour, d’autres secteurs de production ont alors redémarré. L’effectif, de près de 1 500 travailleurs le lundi 4 mai, était à nouveau quasiment complet le 11 mai, avec environ 2 000 salariés en production.

La direction a mis en place le minimum de mesures sanitaires avec comme seul objectif, évidemment, la reprise complète de l’activité le plus vite possible. Elle discute volontiers durant des heures avec les organisations syndicales sur de nombreux détails, du moment que son plan de reprise avance.

Les secteurs de production et de montage du moteur électrique ont repris pleinement du jour au lendemain. Même chose pour le moteur M, mais avec un ralentissement très net le lundi 11 mai, le tribunal du Havre ayant imposé l’arrêt de l’usine de Sandouville pour lequel ce moteur est produit.

Cette fermeture imposée est très bien vue par les travailleurs de Renault – Cléon. Beaucoup de travailleurs l’expriment : « Cela fait du bien de voir la direction obligée de reculer et se prendre une bonne claque. »

Manifestement, la direction de Cléon voudrait que tous les travailleurs reprennent maintenant rapidement les huit heures de travail habituelles. Cela fait beaucoup discuter dans les ateliers. Il n’est pas dit que cela passera comme une lettre à la poste !

Correspondant LO