ONU : des exhortations hypocrites

13 Mai 2020

Pas une semaine ne passe sans que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ne prenne la parole afin d’exhorter les dirigeants des pays en guerre à des cessez-le-feu « pour faire face au Covid-19 ».

Le 23 mars dernier, Guterres avait ainsi appelé à un cessez-le-feu général. « Posez les armes, faites taire les canons, mettez fin aux frappes aériennes », avait-il déclaré alors. Toutes ces proclamations sont aussi vaines qu’hypocrites. Car elles viennent du porte-parole d’une « caverne de brigands » impérialistes selon l’expression qu’utilisait Lénine pour désigner la SDN, la Société des nations, ancêtre de l’ONU.

Le 10 mai, on comptait encore 48 morts en Syrie où la population est prise en étau depuis près de neuf ans entre les puissances régionales, telles que la Turquie, le régime de Bachar al-Assad soutenu par la Russie et les dirigeants impérialistes qui agissent dans les coulisses. Les combats continuent de même de faire des victimes parmi les civils en Libye ou au Yémen. Il y a même eu une recrudescence des bombardements américains en Afghanistan par rapport à cet hiver, en dépit d’une ébauche d’accord de paix entre Washington et les talibans. Les dirigeants français, qui réclament à grands cris une résolution du Conseil de sécurité pour une « trêve humanitaire », n’en continuent pas moins la guerre au Sahel. Qu’il y ait une pandémie ou pas, les guerres continuent aux quatre coins de la planète, car tous ces incendies sont allumés par la politique des dirigeants impérialistes.

Ceux-ci n’ont jamais hésité à déclencher des guerres, directement ou par puissances régionales interposées, pour maintenir leur domination et permettre aux multinationales de continuer à piller la planète. Pour que l’humanité connaisse un autre avenir débarrassé des guerres et de l’exploitation, il faudra mettre fin au capitalisme et au système de domination qu’il a instauré sur l’ensemble de la planète : l’impérialisme. Celui-ci ne peut se maintenir que grâce aux conflits incessants entre puissances concurrentes qu’il arme jusqu’aux dents, pour le plus grand profit de ses marchands de canons.

Aline RETESSE