Le gouvernement veut faciliter la précarité

13 Mai 2020

Dans le projet de loi d’urgence sanitaire, le gouvernement a introduit une disposition qui donne la possibilité aux entreprises de déroger aux conditions d’application des contrats courts, CDD ou intérim.

Déjà les ordonnances de septembre 2017 réformant le Code du travail avaient fait disparaître un certain nombre de limitations à leur multiplication. Désormais, ce ne serait même plus au niveau des branches professionnelles mais de l’entreprise que seraient fixés la durée, le nombre de renouvellements et l’existence ou non d’un délai de carence entre deux contrats.

Sous prétexte de sauvegarder l’emploi, une porte supplémentaire s’ouvre à la généralisation de la précarité et à la suppression programmée des CDI.

Rien qu’au premier trimestre 2020, 454 000 travailleurs en CDD et intérim ont perdu leur emploi. Et une nouvelle vague de suppressions de contrats est en cours.

Aucune réglementation n’est à l’origine de ces suppressions massives d’emploi. Elles sont simplement le résultat de la politique du patronat, qui veut économiser sur les salaires.

Pouvoir démultiplier les périodes de travail précaire n’incitera aucun patron à embaucher plus. Ce ne sera qu’un moyen supplémentaire mis à leur disposition pour tenter de faire courber l’échine des salariés résistant à l’exploitation.

Les contrats courts sont même souvent devenus la norme et bien des équipes ne pourraient tourner sans les travailleurs qui sont contraints de les accepter pour gagner leur vie. Mais le projet gouvernemental offre au patronat une protection juridique nouvelle face à des salariés qui refuseraient de devoir travailler en permanence sous la menace de ne pas être repris.

Offert par Macron aux patrons qui en rêvent, leur monde de demain ressemble furieusement à celui d’avant-hier.

Gilles BOTI