Grenoble : la situation des travailleurs étrangers

13 Mai 2020

À Grenoble, comme dans bien d’autres villes, les collectifs et associations dénoncent les conséquences dramatiques du confinement pour les travailleurs étrangers, notamment ceux en situation irrégulière.

Certains, qui n’étaient pas chez eux le 17 mars dernier, n’ont pas voulu ou osé braver les contrôles policiers auxquels ils s’exposaient sur le chemin du retour à leur domicile. D’autres résidaient loin de leur adresse officielle. Mises à disposition par des associations ou par le CCAS, ces adresses sont indispensables pour les démarches administratives et pour recevoir le courrier. Alors, combien n’ayant pu justifier leur déplacement ont été verbalisés ? Combien ont multiplié les sorties et les risques, simplement pour récupérer leur courrier ?

Les conditions de logement, dans des espaces exigus ou insalubres, ont été également un facteur d’aggravation. Bien des travailleurs en situation irrégulière se sont retrouvés enfermés entre quatre murs. Sortir pour acheter de la nourriture leur faisait courir le risque d’être contrôlés, et plus tard expulsés, car ils ont souvent été renvoyés par leur patron, un licenciement qui en outre les a privés de toute source de revenu. Et comment dans une telle situation consulter les services sociaux ou les centres de santé, conserver pour les enfants un lien avec l’école ?

Ceux dépendant de l’aide alimentaire pour pouvoir se nourrir ont subi les conséquences de la réduction de l’activité des associations et collectivités qui organisent ces aides en temps normal. Limitées par les problèmes d’approvisionnement et la nécessité de respecter le confinement, les distributions alimentaires ont dû être réorganisées. Elles sont devenues moins nombreuses, et ce alors que la demande était croissante !

Heureusement cette situation a aussi fait naître un élan de solidarité au sein de la population. Dans les jours qui ont suivi le début du confinement, le Réseau Universités Sans Frontières 38 a lancé un appel aux dons, relayé par de nombreux collectifs, auquel la population a répondu. C’est cette mobilisation, et l’activité des militants associatifs, qui a permis d’approvisionner différents lieux d’hébergement et de nourrir plusieurs centaines de personnes, palliant l’incurie de l’État, plus prompt à préserver les intérêts des actionnaires.

Amin Vinte