Réouverture des écoles : catastrophe en vue

05 Mai 2020

Le 11 mai, les enfants de certaines classes de maternelle et de primaire sont censés faire leur rentrée après deux mois de confinement. La liste des problèmes que voient toutes les personnes douées de raison est très longue.

Locaux exigus qui rendent impossible de faire respecter un sens de circulation, ni même les distances requises entre les enfants, distanciation impossible en maternelle dans la classe comme dans la cour, impossibilité d’interdire l’utilisation du matériel collectif en maternelle. Tout cela se cumule. Comment régler le problème de la cantine, du passage aux toilettes pour les plus petits ? Y aura-t-il assez de personnel pour nettoyer les locaux aussi souvent que nécessaire ? Y aura-t-il suffisamment de masques mis à disposition gratuitement pour les enseignants ?

Face à cela, des maires ont décidé de ne pas rouvrir les écoles, d’autres essaient de faire comme ils peuvent, de trouver des solutions. Quant aux parents, beaucoup sont inquiets pour la santé de leur enfant. Les initiatives individuelles et collectives à la base permettent parfois de régler certains problèmes. Mais il y a de quoi être révolté.

Les tout jeunes, comme les plus âgés, ont évidemment besoin de l’école, de cette ouverture culturelle, de ce lien social. C’est vrai en particulier pour les enfants des classes populaires, qui viennent de passer deux mois enfermés dans les appartements exigus des cités. Mais rien n’est organisé en fonction de cette priorité et d’elle seule.

L’épidémie agit de plus comme un miroir grossissant sur toutes les failles, tous les manques dont souffre l’éducation : manque de professeurs, impossibilité de créer des petits groupes, manque de personnel pour le nettoyage ou la cantine, constructions inadaptées au nombre d’élèves. Non seulement aucun moyen supplémentaire n’est envisagé pour la rentrée prochaine, mais pire, des suppressions de classe dans les écoles et des diminutions du nombre d’heures d’enseignement allouées aux collégiens et aux lycéens sont encore prévues. Pour ne prendre que cet exemple, le ministre de l’Éducation nationale n’octroie aucune dotation supplémentaire pour les écoles du Val-de-Marne.

Dans ce domaine, comme dans tous les autres, le gouvernement n’a rien prévu, aucun plan de bataille et surtout, il ne compte pas mettre les moyens nécessaires. Comment s’en étonner puisque la seule chose qui motive ses décisions est de satisfaire un patronat pressé de voir les parents salariés reprendre le chemin du bureau ou de l’usine.

Aline RETESSE