La chasse aux banderoles

05 Mai 2020

Manifester en temps de confinement ne plaît pas aux autorités. À Die, dans la Drôme, un habitant avait décoré ses fenêtres avec deux jolies banderoles, dont l’une recommandait de « ne se mettre à genoux que pour cueillir une fleur ».

Vendredi 24 avril, la police municipale a demandé à cet habitant de retirer ses banderoles, sous peine d’une amende de 135 euros par jour. Ne pouvant invoquer de motif sérieux, les policiers se sont appuyés sur le Code de l’environnement !

À Toulouse, c’est une jeune femme qui a été mise en garde à vue, puis ses colocataires auditionnés, pour une banderole « Macronavirus, à quand la fin ? » Une enquête a été ouverte pour outrage à personne dépositaire de l’autorité publique. Par solidarité, les banderoles « Macronavirus » ont fleuri, à Toulouse et ailleurs, et jusqu’à l’île de La Réunion !

D’autres intimidations ont eu lieu à Paris et à Rennes. À Caen, un étudiant a reçu la visite de la police pour une banderole « Il y en a de l’argent magique, du fric pour le service public ». À Marseille, des policiers ont forcé la porte d’un squat pour fouiller les lieux et ont convoqué au commissariat plusieurs des habitants.

Certains policiers et responsables politiques se sentent ainsi autorisés à faire du zèle en matière de censure. Où va-t-on si les habitants confinés commencent à afficher ce qu’ils pensent ?

Julie LEMÉE