CAF de Nancy : galère à tous les étages

05 Mai 2020

Près d’un tiers des 350 salariés de la Caisse d’allocations familiales (CAF) de Nancy sont des mères de familles. Elles ont interrompu le travail dès la fermeture des écoles, la veille du confinement.

Leur activité a alors été d’être enseignantes pour leurs enfants ce qui, si on y ajoute la gestion du quotidien à la maison, représente un véritable temps plein. Puis à l’approche des vacances de printemps, la direction, s’appuyant sur le fait qu’elle ne les avait pas déclarées en arrêt maladie pour garde d’enfant, a fini par leur faire livrer des ordinateurs pour qu’elles puissent retravailler « au moins quelques heures ». La plupart étaient volontaires, car cela permettait de sortir un peu du quotidien et de se sentir utiles.

Les salariés sans enfant à prendre en charge ont tous été renvoyés à la maison le 16 mars avec leur ordinateur sous le bras. Charge à eux de l’installer et d’aménager un espace de travail. Mais le nombre de connexions à distance étant insuffisant, la direction a d’abord organisé sur deux équipes (7-13 h et 13-19 h) le télétravail des métiers jugés indispensables. Pour ces salariés, le télétravail a été difficile dès le début, avec des horaires fixes et des ralentissements informatiques qui donnent parfois envie de jeter l’ordinateur par la fenêtre. Sans parler des logements trop petits pour avoir une pièce dédiée, le fait de travailler souvent en n’ayant ni bureau ni siège correct, avec l’ordinateur sur la table du salon voire sur une table basse…

Ces salariés ont, dès le début du confinement, été soumis à la pression de la « production », faisant même des heures supplémentaires les samedis. D’autres, comme les travailleurs sociaux, faisaient leur possible pour faire face à la détresse des familles. Quant aux cadres et aux informaticiens, ils ont eu à gérer et à organiser la continuité de l’activité et n’ont, dans l’ensemble, pas ménagé leurs efforts. Tous ont travaillé sans réticence, car il fallait maintenir les droits des allocataires qui risquaient de se retrouver en situation très difficile si la Caf interrompait son activité.

Une partie des salariés avaient le sentiment diffus qu’ils seraient enfin considérés et reconnus comme indispensables. Mais ils ont vite déchanté quand il y a eu assez de connexions pour revenir à temps plein malgré le mal de dos lié à l’ergonomie déplorable des postes de travail, et pire encore quand les heures supplémentaires n’ont pas été payées sur la paie d’avril !

Enfin et surtout, les salariés précaires ont été les plus touchés par la situation. Les fins de mission des CDD et intérimaires se sont multipliées. Au moins une dizaine d’entre eux se sont retrouvés au chômage, alors que certains espéraient une embauche. Pour ces salariés précaires, la galère n’a pas attendu.

Correspondant LO