Police : chronique du racisme ordinaire

28 Avril 2020

À L’Île-Saint-Denis, réveillé par des bruits dans la nuit entre samedi et dimanche 26 avril, vers 1h45, un habitant a filmé une intervention policière. Un homme, poursuivi par une quinzaine de policiers, s’était jeté dans la Seine pour tenter de leur échapper.

Mais il a été récupéré dans l’eau et arrêté par des policiers goguenards commentant : « Il sait pas nager, un bicot ça nage pas...» « Ha ha, ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied.» Une fois dans le fourgon, les bruits sourds et les cris, qu’on peut entendre dans la vidéo, laissent peu de doute sur la façon dont les policiers l’ont traité.

L’homme, sans papiers, a été libéré dans la journée avec une obligation de quitter le territoire (OQTF). La police des polices a été saisie d’une enquête, et le préfet de police Lallement a fini par demander la suspension de deux des policiers concernés. Quant au commissaire d’Asnières, présent lui aussi lors de l’intervention, c’est un récidiviste qui avait déjà défrayé la chronique en 2004. Il était alors chef-adjoint d’une brigade anticriminalité (BAC) à Paris, et avait écopé d’un an de prison avec sursis et d’un an d’interdiction d’exercer pour abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit. Cela faisait suite au tabassage par sa brigade d’un homme interpellé. Cette condamnation ne l’a pas empêché de poursuivre sa carrière.

« Le racisme n’a pas sa place dans la police républicaine » a déclaré Castaner. Cette vidéo lève un coin du voile sur une réalité bien différente.

Correspondant LO