Maladies professionnelles : le patronat ne paiera pas pour le Covid-19

28 Avril 2020

Mardi 23 avril, Olivier Véran, ministre de la Santé a affirmé : « Un soignant n’aura pas à démontrer qu’il a été contaminé sur son lieu de travail : on considèrera qu’il l’a été ». Ainsi, le Covid-19 est reconnu comme maladie professionnelle, de manière automatique, mais seulement pour les soignants atteints, salariés ou travaillant en libéral, à l’hôpital, en Ehpad ou en ville.

Cette reconnaissance automatique des soignants malades du Covid-19 permettra de leur garantir une prise en charge à 100 % des frais médicaux, et en cas d’inaptitude, une meilleure compensation des pertes de salaire. En cas de décès, et il y en a, les ayants droit peuvent dans certains cas bénéficier d’une rente.

Comme c’est devenu la règle dans les annonces gouvernementales, rien n’a été précisé quant au financement. Mais comme il s’agit en grande partie de personnels hospitaliers, il est évident que le budget des hôpitaux sera mis à contribution.

S’ils ne sont pas soignants, les salariés malades du coronavirus ne pourront jamais prouver que leur maladie a été contractée au travail. Outre le véritable parcours du combattant administratif que cela veut dire, comment affirmer avec certitude que le virus a été contracté à tel ou tel endroit ? Les brancardiers, les employées du ménage des hôpitaux et des Ehpad, les employés des pompes funèbres, les caissières des magasins d’alimentation, les conducteurs dans les transports publics, les livreurs et bien d’autres n’auront que leurs indemnités maladie habituelles.

Ainsi et surtout, les finances des patrons du privé ne seront pas mises à contribution. Car dans le cas des maladies professionnelles reconnues, l’indemnisation des salariés du privé est prise en charge par la branche AT/MP (accidents du travail/maladies professionnelles), elle-même financée en totalité par les cotisations des employeurs.

Pour le Covid-19, le gouvernement exonère d’avance les patrons du privé. Ils n’auront pas à débourser pour les salariés, même s’ils sont responsables de leur infection.

Bertrand GORDES