Premier mai : virus ou pas, la journée internationale des travailleurs

22 Avril 2020

Cette année le Premier mai, journée internationale de lutte des travailleurs, se déroulera dans un contexte extraordinaire. Loin de revêtir, comme souvent dans la plupart des pays riches, l’allure d’un cortège à l’appel des organisations syndicales, les mesures de confinement empêcheront vraisemblablement tout rassemblement public.

Et même dans les pays où un pouvoir dictatorial interdit les manifestations ouvrières et leur envoie sa police, le risque réel de contamination se superpose à celui de la répression. Il y a pourtant une urgence.

Depuis que les dirigeants de l’Internationale ouvrière l’ont proclamé en 1889 journée de lutte des prolétaires de tous les pays, le Premier mai est une date importante pour les travailleurs. Férié ou non, avec ou sans autorisation des pouvoirs publics, il est l’occasion d’exprimer leurs intérêts de classe. Il permet aussi d’affirmer la communauté d’intérêts des travailleurs à l’échelle internationale. Car c’est sur toute la planète que les possédants défendent leurs privilèges et passent à l’attaque. Partout, les capitalistes et les pouvoirs à leur service tentent de longue date d’imposer la baisse du niveau de vie, la précarité. Là où ils existent, les services publics utiles à la population font les frais de leur rapacité.

La crise sanitaire mondiale est étroitement imbriquée avec la crise économique actuelle, où les dirigeants capitalistes et leurs hommes de main politiciens sont à l’offensive pour sauver les profits de leur système mortifère. La journée du Premier mai peut être l’occasion de dire, par tous les moyens, par petits groupes ou par milliers de connectés, visuellement, oralement, aux fenêtres ou sur le web : face au désastre de la gestion capitaliste de la planète, l’alternative appartient à la classe ouvrière, nombreuse, inventive, généreuse, et qui représente une immense force collective.

Viviane LAFONT