Grand Paris Seine Ouest : non au vol des congés

22 Avril 2020

Grand Paris Seine Ouest (GPSO) est un Établissement public territorial (EPT) faisant partie de la métropole du Grand Paris (MGP). Il regroupe huit villes parmi les plus riches de l’Ouest parisien.

Environ 1 000 agents y travaillent dans des secteurs techniques, administratifs et culturels, exerçant des métiers allant de la réparation de la voirie à l’entretien des espaces verts, ou à l’enseignement de la musique. Or, du fait de la crise sanitaire actuelle, seuls 50 collègues travaillent actuellement physiquement sur le territoire, pendant que 225 télétravaillent. Les autres agents sont placés en Autorisation Spéciale d’Absence (ASA), statut propre à la fonction publique permettant de percevoir l’intégralité de son traitement.

Pendant plusieurs semaines, la direction assurait que, dans ce contexte sanitaire, rien ne serait imposé aux agents. Mais soudain, vendredi 10 avril, la directrice des ressources humaines annonçait sa volonté d’imposer une semaine de congés prise pendant la période de confinement à tous les collègues en autorisation d’absence. Le prétexte était d’assurer l’équité avec ceux qui, contraints de travailler pour assurer le plan de continuité d’activité, avaient posé une semaine de congés pour souffler un peu ! Cela revenait à faire passer les agents confinés pour des vacanciers.

Cette hypocrisie de GPSO a provoqué beaucoup de colère : être coincé chez soi et appeler cela des congés, c’est la double peine ! Mais la direction ne comptait pas en rester là : le 16 avril, le directeur général des services écrivait à l’ensemble du personnel qu’en application de l’ordonnance du 15 avril relative à la prise de jours de RTT ou de congés au titre de l’urgence sanitaire, il imposait la prise de dix jours de congés sur l’année 2020, plus cinq jours de congés/RTT à prendre d’ici le 11 mai !

Cette fois, il accompagnait ce vol de congés d’un mensonge. Pour lui, cette décision serait imposée par la loi, ce qui est totalement faux puisque l’ordonnance précise que chaque collectivité territoriale est libre de mettre en œuvre ou non ces dispositions !

Du côté des syndicats, seule la CGT a pour l’instant refusé de prendre part aux réunions mises en scène par la DRH pour faire appliquer ce plan et qu’elle ose appeler « négociation ». La colère monte car ce n’est pas aux travailleurs de payer l’incurie de l’État dans sa gestion de la crise. Et si celle-ci a provoqué des difficultés financières à GPSO, qu’il s’adresse au gouvernement !

Correspondant LO