États-Unis : démagogie tous azimuts

22 Avril 2020

Des manifestations se sont tenues dans une douzaine d’États américains pour demander la fin du confinement et le redémarrage de l’économie.

Elles ont regroupé au maximum quelques milliers d’automobilistes klaxonnant, et des centaines de manifestants se rassemblant devant le siège des gouverneurs d’États, les capitoles. Ce mouvement est encouragé et organisé par des forces politiques réactionnaires, souvent des politiciens républicains qui y ont saisi l’occasion de prendre la parole dans la perspective des élections de novembre prochain.

L’argument principal des manifestants en faveur d’un déconfinement immédiat – au-delà de ceux qui y sont venus pour montrer leurs armes, pour proclamer que « le confinement c’est le communisme » ou que « Jésus sauve, pas la science » – est que l’économie est en chute libre. Ainsi des petits patrons réclamant la réouverture de leurs commerces se sont érigés en porte-parole des travailleurs ayant perdu leur emploi.

Trump a bien sûr encouragé ces protestations qui taisent le fait que c’est le patronat qui a précipité 22 millions de salariés vers le chômage en quelques semaines. Pour détourner encore plus l’attention des responsabilités de la grande bourgeoisie dans la crise montante, Trump a aussi décrété un arrêt de l’immigration « pour sauver les emplois des américains ».

La Chine, que les démagogues rendent responsable de la pandémie, et les immigrés sont les boucs émissaires d’un capitalisme incapable de lutter contre les conséquences d’une pandémie qui a déjà fait plus de 40 000 morts aux États-Unis.

Lucien DÉTROIT