Dépenses alimentaires : la plongée dans la misère

22 Avril 2020
Avec le confinement, de nombreuses familles populaires subissent une chute brutale de leurs revenus : perte de salaire liée au chômage partiel, perte d’un travail en intérim ou encore d’un « petit boulot » déclaré ou non, au point de ne plus pouvoir faire face aux dépenses de nourriture. Et ce, d’autant plus que celles-ci explosent avec l’augmentation des prix.

Dans certains départements, de ce fait, les Restos du coeur ont vu leur fréquentation bondir d’environ 30 % ces dernières semaines dans le département de Seine-Saint-Denis, d’après un des responsables de l’association. Au Secours catholique aussi, le nombre de demandeurs augmente. En plus des bénéficiaires habituels, l’association voit arriver des personnes avec « de petits revenus, qui arrivaient à s’en sortir jusqu’à présent et qui, là, n’ont plus rien », explique Camille Hugues, déléguée du Secours Catholique en Seine-Saint-Denis. Et d’ajouter : « On sait que des adultes se sont privés pendant plusieurs jours pour que leurs enfants puissent manger. »

L’arrêt de la cantine suite à la fermeture des établissements scolaires a aggravé les choses en supprimant pour de nombreux enfants ce qui était le seul repas journalier correct et économique.

Dans un pays pourtant riche, la précarité s’est ainsi aggravée au point que l’absence d’un repas à la cantine tourne à la catastrophe pour des centaines de milliers de familles ouvrières.

Aline RETESSE