Chantiers de l’Atlantique – Saint-Nazaire : ce n’est pas aux salariés de payer la facture !

22 Avril 2020

Le chantier naval de Saint-Nazaire compte plus de 8 000 travailleurs et fabrique des paquebots de croisière. Depuis le 17 mars le site s’est peu à peu arrêté, mais il a fallu la mobilisation des travailleurs pour pousser la direction dans ses retranchements et l’obliger à arrêter la production.

Cette activité n’a aucun caractère urgent en pleine crise sanitaire et les armateurs du secteur de la croisière ne sont d’ailleurs pas très pressés d’être livrés.

Malgré cela et fidèle au mot d’ordre du grand patronat aujourd’hui, la direction a annoncé la reprise pour tout le monde à la fin du déconfinement le 11 mai et prévoit même une reprise partielle au « volontariat » à partir du 27 avril. Elle ose encore parler de volontariat alors que les salariés sont les seuls à payer le confinement !

Les patrons de la sous-traitance comme celui du chantier ont tout fait ce dernier mois pour n’avoir rien à payer de la crise !

Les intérimaires ont été, comme souvent, les premières victimes des licenciements et, dans la sous-traitance, les patrons n’ont pas attendu les ordonnances du gouvernement pour imposer des jours de congés aux salariés.

Aux Chantiers de l’Atlantique proprement dits, le patron a fait valider par deux syndicats (CFDT et CFE-CGC) un accord d’entreprise prévoyant de prendre cinq jours de congés payés aux salariés et la possibilité de voler, en plus, vingt jours épargnés par les travailleurs dans leurs compteurs personnels. Le tout en panachant, au choix de la direction, entre ces jours volés et le chômage partiel ; celui-ci est entièrement payé par l’État en ce qui concerne le patron mais aboutit, pour les salariés, à une perte de 16 %.

Les justifications des patrons et des syndicats signataires cachent mal leur inquiétude d’une réaction de la part des travailleurs qui reçoivent ces informations chez eux, confinement oblige. « Cest un accord équilibré et nous navons pas le choix » dit le patron... « Sans cet accord, la direction pouvait faire ce quelle voulait » disent les syndicats signataires, qui n’ont d’ailleurs aucun élu parmi les ouvriers, pourtant principaux concernés par l’accord car ils ne peuvent pas télétravailler ! Sauf que beaucoup de travailleurs, aussi bien ouvriers que techniciens, en colère non sans raison, ne voient pas très bien ce qu’on aurait pu leur voler de plus.

Il y a un mois, la direction a dû faire face à une contestation de travailleurs qui n’ont pas envie de la croire sur parole. Ils en ont des raisons, sur un site où les conditions de travail et d’hygiène sont déjà bien dégradées en temps normal ! Alors, s’organiser et se défendre collectivement est leur meilleure arme contre ceux qui veulent leur faire endosser la facture du confinement.

Correspondant LO