Retraites : la réforme suspendue… jusqu’à quand ?

15 Avril 2020

Gilles Le Gendre, le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, a déclaré dans une interview que la réforme des retraites pourrait être mise de côté si elle empêche un « pacte républicain » de se conclure.

Les représentants du pouvoir savent très bien que la grève a été massive durant des semaines, que le mécontentement n’est pas éteint. Le soutien à la grève des transports de décembre et janvier a été très majoritaire dans la classe ouvrière. Reporter aujourd’hui cette réforme est une façon de reculer devant le mouvement de contestation, d’autant qu’ils jugent, au vu de la situation, qu’il est plus prudent de ne plus en parler… pour un temps.

Pour l’instant, l’heure est plutôt à faire accepter de nouveaux sacrifices aux travailleurs au nom du redémarrage économique après la crise du coronavirus. Ce que veut dire ce redémarrage est expliqué plus crûment par le président du Medef : c’est le rattrapage des pertes pour la bourgeoisie. Pour les travailleurs, il ne pourra signifier que des conditions d’exploitation aggravées, des heures à rallonge, des repos en moins. C’est exactement à cet effet qu’ont été prises les ordonnances du 25 mars.

Pour le moment, remettre sur le tapis la réforme des retraites risquerait de réactiver la mobilisation. Ce n’est guère opportun alors que le patronat aurait besoin d’imposer de nouvelles attaques antiouvrières. Interrogé sur la suspension de cette réforme, le président du Medef a précisé : « C’est juste une question de calendrier et de priorités. »

Thomas Baumer