Inde : la politique de Modi face au Covid-19, mortelle pour les classes laborieuses

15 Avril 2020

Comme on pouvait s’y attendre, la priorité de Modi dans sa réponse à la pandémie a été de protéger les profits capitalistes, tout en méprisant les besoins des plus pauvres. Le gouvernement a donc mis en place un plan de prêts avantageux pour les entreprises, un moratoire sur les remboursements d’emprunts pendant trois mois et des exemptions fiscales. Mais pour la classe ouvrière, les conséquences du plan gouvernemental sont désastreuses.

Après que Modi eut annoncé le confinement, y compris la fermeture du réseau de chemins de fer, le 24 mars, les usines et les chantiers ont fermé. Ayant perdu leur seule source de revenus, de nombreux travailleurs des banlieues industrielles de Delhi ne pouvaient plus payer leur loyer ou acheter de la nourriture. Des centaines de milliers d’entre eux, originaires des campagnes, ont quitté la ville pour y retourner et essayer d’y vivre du travail agricole. Comme les gares et les dépôts de bus étaient fermés, quelque 600 000 de ces travailleurs ont marché jusqu’à leur village, parfois distant de centaines de kilomètres. Ce voyage a coûté la vie à au moins 50 d’entre eux.

Quand cette politique est devenue un scandale dans les médias et que, dans plusieurs villes, des travailleurs ont manifesté pour exiger des transports, les autorités ont fourni quelques bus. Cela a conduit des milliers de personnes à affluer vers les gares routières, créant ainsi les conditions idéales pour une propagation du virus. La police les frappait avec ses matraques, soit pour les forcer à faire demi-tour, soit pour les entasser dans des bus dont le nombre était insuffisant. Quant au gouvernement, il a expliqué que les travailleurs avaient « paniqué sans raison » et dit qu’ils bénéficieraient désormais d’un « soutien psycho-social » !

En dépit du confinement, le gouvernement a soutenu que les secteurs de la logistique, des mines et de l’acier étaient… « essentiels », amenant ainsi des milliers de salariés à se regrouper sur leurs lieux de travail ! Certaines mines ont même menacé de les licencier s’ils ne se présentaient pas. Les entreprises ont saisi l’occasion pour supprimer des emplois, tout en réduisant parfois de 70 % les salaires des ouvriers restants et en dégradant leurs conditions de travail et de contrats.

Pour couvrir sa gestion calamiteuse de la situation, le régime essaie maintenant de faire de l’épidémie un enjeu communautariste. Avec l’aide des médias, il montre du doigt une réunion organisée par une secte musulmane à Delhi, au motif qu’un certain nombre des participants ont été contaminés. Comme si cela pouvait être le seul canal par lequel le virus est entré dans le pays ! Il organise maintenant une chasse à l’homme pour trouver tous les participants à cette réunion, désormais dispersés aux quatre coins du pays. Plusieurs chaînes de télévision et des groupes de l’extrême droite hindoue ont relayé l’idée que cela faisait partie d’une conspiration du « djihad corona » contre l’Inde !

Cette campagne a causé dans les quartiers musulmans une telle colère contre le gouvernement et ses représentants qu’on y a vu des habitants s’en prendre à des travailleurs de la santé réalisant des tests du Covid-19.

Il ne faut pas seulement éradiquer le coronavirus, mais aussi le virus du communautarisme !

Workers’Fight