Amazon : rien de bon à attendre de la direction

15 Avril 2020

À l’entrepôt Amazon de Brétigny-sur-Orge dans l’Essonne, quatre cas de contamination ont été confirmés, et jeudi 1er avril, un travailleur est entré en réanimation. Mais malgré l’inquiétude générale, la direction fait travailler tout le monde comme si de rien n’était, ou presque.

Amazon a beau avoir promis de n’assurer que les commandes essentielles, les travailleurs ne constatent pour l’instant aucune réduction de l’activité. La plupart des commandes concernent encore des produits de loisirs comme des DVD, ou des jeux vidéo, dont le caractère vital est pour le moins discutable.

Côté mesures barrières, la direction s’est contentée de dispenser à tous les salariés une formation d’une heure sur les gestes de sécurité à respecter pour limiter la contamination. Elle rappelle à tout le monde de se laver les mains et de respecter les distances, mais elle force tous les jours des centaines de salariés à travailler dans un entrepôt aux allées étroites, sans même se donner la peine de fournir à tous des masques ou du gel hydroalcoolique.

À l’entrée, les travailleurs doivent faire la queue pour une prise de température. Ainsi, avant de démarrer le travail, tout le monde doit attendre en file indienne sans pouvoir respecter le mètre de distance nécessaire.

Pour limiter les contacts entre les différentes équipes, la direction fait terminer le travail 20 minutes plus tôt. Cela ne change vraiment pas grand-chose quand on sait qu’à Brétigny-sur-Orge, il y a de toute façon plusieurs centaines de salariés par équipe.

Comble du mépris, on peut être sanctionné si on est surpris à serrer la main d’un collègue ! Comme si le problème était l’irresponsabilité des travailleurs et pas celle de la direction qui met leur vie en danger.

Le 6 avril, l’inspection du travail a envoyé une mise en demeure à cinq sites d’Amazon France – dont celui de Brétigny – leur enjoignant de respecter les règles de sécurité. Il a suffi de quelques jours pour que trois de ces mises en demeure soient levées, Amazon ayant soi-disant « mis les sites en conformité ». Les motifs justifiant cette dernière décision restent très vagues, mais une chose est sûre : les travailleurs ne doivent pas se fier à la bonne volonté de la direction et du gouvernement.

Correspondant LO