Syrie : pendant l’épidémie, la guerre continue

08 Avril 2020

En Syrie, alors que l’épidémie du coronavirus menace, les dirigeants impérialistes maintiennent les sanctions, aggravant encore la situation de ce pays dévasté par neuf ans de guerre.

Seuls cinq cas de personnes infectées par le coronavirus étaient déclarés officiellement le 26 mars. Mais toutes les conditions d’une propagation rapide et incontrôlable de l’épidémie sont réunies. Les bombardements ont détruit nombre d’hôpitaux, en particulier dans la dernière zone de combat, celle d’Idlib, située au Nord-Ouest. L’hôpital Maarat al-Numan, l’un des plus grands hôpitaux de la région sud d’Idlib, a ainsi été mis hors service en janvier dernier. Fin janvier, un groupe d’hommes armés a occupé l’hôpital central d’Idlib, l’un des autres grands centres de santé de la région, auquel l’ONG Médecins sans frontières venait de faire don de matériel. Ce ne sont que quelques exemples. La plupart des médicaments, fournitures et stock de carburant des hôpitaux sont endommagés ou perdus lors des bombardements, et des bâtiments sont tout simplement détruits.

La situation dans les camps de réfugiés est catastrophique dans cette région. Près d’un million de personnes ont été déplacées depuis la mi-décembre. Elles se sont réfugiées dans le nord de la province, et dans la région voisine d’Alep, s’approchant le plus possible de la frontière turque, la zone étant moins ciblée par les bombardements. Elles ont rejoint plusieurs centaines de milliers d’autres Syriens, déplacés avant eux. Or ces camps ne disposent d’aucune infrastructure, il n’y a quasiment pas d’eau. Les réfugiés sont au mieux abrités dans des tentes où se regroupent des familles entières.

Les sanctions décidées par les dirigeants américains, suivis par les Européens, visent des secteurs comme les banques, le pétrole ou l’électricité, et celui des importations. Les entreprises syriennes contournaient jusque-là cet obstacle en ouvrant des comptes à l’étranger, notamment au Liban, la base arrière de l’économie syrienne. Mais cela n’est quasiment plus possible du fait de la crise que traverse ce pays et des menaces brandies par l’impérialisme à l’encontre de ceux qui apportent un soutien au gouvernement syrien.

« Toutes ces mesures entravent nos efforts contre le virus, déclarait un médecin exerçant à Hama, ville du Sud-Ouest syrien. J’essaie depuis des semaines de faire venir du matériel de laboratoire, même la Croix-Rouge internationale n’arrive pas à m’aider. »

L’impérialisme américain prétend imposer ces restrictions pour empêcher le régime de financer son effort de guerre. Il n’agit pas ainsi pour sauver la population de la dictature d’Assad, mais pour poursuivre son objectif, le maintien de sa domination, et ce quoi qu’il en coûte à la population.

Aline RETESSE