Nos lecteurs nous écrivent : le droit de retrait chez Air-France

25 Mars 2020

Membres du personnel navigant commercial chez Air France, nous avons été plusieurs à user du droit de retrait direct et individuel, par téléphone, afin d’éviter la montée au terrain. Mais malgré cela, une bonne partie d’entre nous, autant les stewards que les hôtesses, ont eu à subir la pression de cadres qui ne voulaient rien savoir.

Ils se sont permis de faire des rappels à l’ordre par téléphone, expliquant aux travailleurs concernés qu’ils devaient venir à l’aéroport Charles-de- Gaulle (CDG) pour effectuer leur vol. Et même lorsque nous avons des heures de trajet en train et en RER pour nous rendre au travail, sans masque, ni gel, ni gants, la direction restait sur sa position.

Des rappels à la loi ont dû être faits par la CGT auprès de la direction afin que les vols soient retirés de nos plannings. Mais nous avons tous constaté que malgré ces rappels, il a souvent fallu que chacun, individuellement, relise aux cadres qui faisaient pression le texte transmis par les syndicats concernant le droit de retrait.

Après un tel acharnement, reste à savoir si la direction va procéder comme lors de la crise du virus Ebola il y a quelques années. Sans vergogne, elle avait fait appel pour nous remplacer à des étudiants saisonniers qui ne sont là que durant les mois d’été, pour les envoyer vers les destinations touchées, comptant sur le fait qu’ils seraient moins enclins à la contestation par peur de ne pas être repris la saison suivante.

Un travailleur d’Air France